6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Ce dimanche, c'est Sonntag

Faisant honneur à son patronyme, Albrecht Sonntag a choisi ce dimanche de publier un article sur le site du Monde. Féru de football, le sociologue allemand compare l'infortune vécue hier par la Roja à la malédiction des Verts à Hampden Park. Extraits. 

"L'équipe chilienne aurait pu produire l'un des knock-out les plus retentissants de l'histoire de la Coupe du monde. Aurait pu. Si seulement la belle frappe de l'attaquant Mauricio Pinilla n'avait pas heurté la barre transversale à une minute de la fin des prolongations. Si seulement le tir au but final du valeureux défenseur Gonzalo Jara n'avait pas fini sur le poteau. Si seulement les dieux du football en avaient décidé autrement.

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Refaire le match, c'est un peu arrêter le temps. C'est retourner en arrière, rembobiner le film et appuyer sur "pause" juste avant l'erreur fatale, le geste décisif, le tournant de l'histoire. Dans les rencontres impitoyables de la "phase K.-O." de la Coupe du monde, c'est avant tout revivre des émotions fortes. Qu'importe leur nature - qu'il s'agisse de reprendre une douche d'euphorie ou de se replonger dans la détresse - pourvu qu'on ait l'ivresse de l'émotion collective profondément ressentie et partagée avec sa communauté.

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Les Chiliens malheureux peuvent se consoler : il n'y a pas mieux pour entrer dans la légende du football que de sortir perdant d'un match qui aurait pu tourner autrement. Le nouveau musée de l'AS Saint-Etienne exhibe fièrement les maudits "poteaux carrés de Glasgow" qui les ont empêchés de battre le Bayern Munich de Franz Beckenbauer en mai 1976. Au Chili aussi on en reparlera encore longtemps, de cette équipe qui "méritait" tellement la victoire et qui n'aurait jamais dû perdre. Si seulement…"