7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Pour Papy, le rein a bon dos !

Suspendu contre le Red Star, Fabien Lemoine s'est confié à Libération avant de retrouver le terrain après-demain à Chaban-Delmas. Extraits.

"Après une défaite, je n'arrive pas à faire la part des choses, ou pas bien. Je m'isole, je joue à la console. C'est d'autant moins facile que ma femme me parle du match : "Tu n'as pas fait ci, tu as manqué ça..." Ma femme connaît le foot, le nombre de ballons que je perds, les zones où il ne faut surtout pas les perdre. Je l'écoute par respect. Après, j'aime autant la franchise. Je ne comprendrais pas qu'on me la fasse à l'envers. 

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A Rennes, je suis entré dans le monde pro par la petite porte. J'ai signé un contrat pro d'un an plus deux en option, à 20 ans, alors que ceux qui se voyaient proposer trois ans direct terminaient tout juste leur première année de CFA à 19 ans. Mais quand Guy Lacombe m'a donné ma chance en L1, je n'ai pas eu de mal à m'adapter. Je me suis dit qu'à mon poste de milieu, c'était moins dur que la CFA. On y est moins pressé par l'adversaire, c'est moins physique. En L1, c'est l'enfer dans les trente derniers mètres, ça va à une vitesse ! Mais dans l'entrejeu, tu as plus de temps.

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Sur les ballons hauts, de face, ça va. Mais de côté, je me tournais parfois pour me protéger le rein qui me reste : au pire je risquais un coup dans le dos. Cela m'arrive rarement, plus à l'entraînement qu'en match, d'ailleurs, mais il y a des fois où ça revient comme un réflexe. Je me rappelle une fois où j'ai senti arriver Mamadou Sakho comme ça, un peu de biais.  Quand je suis revenu de ma grave blessure, j'ai moins joué. Quand t'entends pour la énième fois "tu es bien dans les petits périmètres mais moins à l'aise quand il faut courir dans les espaces", ça fout les boules. Je voulais l'équité, rien d'autre. J'ai eu l'impression que cette histoire de rein avait bon dos. Après, peut-être que je me trompais. Les matches que je fais depuis que je suis à Sainté, je ne les faisais pas à l'époque.

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Le jour où tu arrives dans un nouveau club est un moment délicat. A Saint-Etienne, j'ai retrouvé Carlos Bocanegra avec qui j'avais joué à Rennes. Il est venu me chercher au centre et m'a invité à manger, un truc que nous n'avions jamais fait dans notre club précédent. Moi, l'anglais, pour tout vous dire... Dans le contexte, c'était une attention particulière. A Saint-Etienne, on doit dégager une image positive. Si je suis sous le casque, je n'entends pas le gamin crier en sortant, et je ne le lui fait pas le sourire et le petit geste de la main. Or, ce geste, le gamin rentre chez lui avec."