Larios encense Platini et Rep

28/01/2023
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Interrogé par Bernard Lions qui a déjà écrit sa biographie, Jean-François Larios s'est prêté aux questions de la Pravda :

"Le plus fort avec qui j'ai joué ? Michel Platini. Ce n'était pas un courageux, il lui fallait des mecs autour de lui pour aller au charbon et le protéger, mais c'était la classe à l'état pur. Il mettait le ballon où il voulait. Il était également extraordinaire sur coups de pied arrêtés. Vous en connaissez beaucoup vous, de joueurs capables de gagner un Euro à eux seuls ? C'est ce qu'il a fait, en 1984. Platini, c'était un don.

Le plus sympa ? Johnny Rep. On a passé une année extraordinaire ensemble, à Bastia (1977-1978). On partait en forêt se mettre dans la gueule, car les séances physiques de (Pierre) Cahuzac (entraîneur) ne nous suffisaient pas. Et puis, on sortait. En plus d'être sympa, Johnny était un attaquant véloce, rapide et intelligent. Il a gagné deux Coupes des clubs champions européens avec l'Ajax Amsterdam à 20 ans et joué deux finales de Coupe du monde (en 1974 et 1978).  À Bastia, Johnny dormait plus souvent dans mon appartement de Lupino que chez sa femme. Comme à Saint-Étienne par la suite, d'ailleurs. Je ne suis pas homo, mais quel beau gosse ! Sa gueule, c'était un mélange de Robert Redford et de Brad Pitt. Une nuit, on tape à ma porte. C'était le mari de la femme qui se trouvait dans le lit, avec Johnny. Heureusement, Jean-Louis, mon voisin, est venu le calmer. On a quand même flippé toute la nuit car le mari était armé. Un an après, Johnny me rejoint à Saint-Étienne, et je vais le récupérer à l'aéroport d'Andrézieux-Bouthéon. Il débarque de l'avion avec une mallette remplie de billets. C'était ceux de sa prime à la signature versée avec l'argent de la caisse noire. Cela ne l'empêche pas d'être un radin. Il m'avait promis son maillot de la finale de 1978 et il ne me l'a jamais donné.

Le plus méchant ? Bernard Gardon. Un géant. Lors de notre titre de champion de France en 1981 avec Saint-Étienne, il a bougé tout le monde, en défense. On ne touchait pas à ses copains. Le joueur que je ne veux plus revoir ? Félix Lacuesta. On se connaît depuis l'âge de 16 ans. L'amitié, c'est une histoire d'amour. Tu donnes pour ne pas recevoir et surtout, pour ne pas être trahi. Une séparation avec un ami peut être encore plus douloureuse qu'avec une femme. Après l'avoir beaucoup aidé, il m'a trahi. Pour de l'argent.

Mon meilleur souvenir ? Le sacre, en 1981. Cela faisait cinq ans que Saint-Étienne courait après un dixième titre de champion de France. Opéré d'une pubalgie, j'ai raté le dernier match. Roby (Robert Herbin, entraîneur) me téléphone et me dit : "Ce titre, c'est toi, mon grand." Ensuite, le Real Madrid a envoyé une offre au président Roger Rocher, durant l'été 1981. En me la cachant, il a bousillé ma vie. Derrière, il y a eu l'affaire de la caisse noire et quand je suis enfin parti à Madrid, à l'Atlético, pour jouer avec le Mexicain Hugo Sanchez, je me suis de nouveau blessé au genou gauche, à l'entraînement. Mon rêve d'Espagne s'est arrêté là."
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