7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Duluc a mal tourné

Dans un entretien paru sur le site Diesefoot, le journaliste de la Pravda Vincent Duluc explique à cinq jours du derby comment il est passé des Verts aux vilains.

"Mon père était Stéphanois et il s’intéressait au foot, donc il ramenait à la maison L’Equipe et Football Magazine, qui était le mensuel de L’Equipe à l’époque. J’ai commencé à lire L’Equipe dès l’âge de 6 ans ! La passion pour le foot ?… J’ai eu vite le sentiment que c’était mieux que l’école, que c’était mieux que le travail ! Mon père était logiquement un supporter des Verts et il habitait non loin de Geoffroy-Guichard où il allait, dès qu’il pouvait.

La première fois que je suis allé au stade, c’était en voyage avec mon collège, en troisième. Pour Saint-Etienne-Dynamo Kiev en mars 1976 ! Mon père, qui était prof, s’était mis d’accord avec le proviseur et avait organisé cette sortie, après avoir réussi à obtenir des places. À l’école, il y avait une grande feuille où il fallait s’inscrire. J’avais investi 30 francs à l’époque… C’est comme ça que j’ai assisté à ce match mythique et le but de Rocheteau en prolongation, placé juste derrière la grille dans le Chaudron, de 16 heures 30 jusqu’à 23 heures 30 !

Je suis arrivé au Progrès en 1986 et j'ai commencé à suivre l'Olympique Lyonnais à partir de 1987. J’avais 25 ans et le journal m’a dit : “Maintenant, c’est toi le chroniqueur qui va suivre l’OL. » Jean-Michel Aulas venait tout juste d’être nommé président, depuis quatre ou cinq mois. Je pense sincèrement qu’on peut le considérer comme le plus grand bâtisseur du football français. Aulas a construit un club, sans parler du futur stade, et pas seulement une équipe.

Je garde beaucoup de respect et d’estime pour Raymond Domenech. On s’appelle régulièrement… Raymond Domenech et Bernard Lacombe sont les personnages du football qui m'ont le plus marqué au début. J’étais chaque jour à Lyon, dans leur bureau, à parler foot. Cela a été ma fac en fait ! J’apprenais le haut niveau tous les jours. Même si j’avais joué en amateurs et grandi avec cette passion depuis tout gamin, j’étais d’une naïveté incroyable. Cela m’a beaucoup appris."