Le staff des Canaris marqué au fert vert
Marqués par la rivalité entre les Canaris et les Verts, l'entraîneur nantais et ses adjoints se sont confiés au quotidien Ouest-France avant de recevoir l'ASSE demain à 14h00.
Michel Der Zakarian : "J'avais effectué un essai là-bas pendant la saison 1977-78 mais je n'avais pas été pris et finalement, j'avais été retenu ensuite par le FC Nantes. J'étais donc resté une dizaine de jours à Sainté. J'avais notamment fait un entraînement avec les pros, la fameuse séances des bâtons avec Herbin. C'était des ateliers comme ceux que l'on fait aujourd'hui : du travail de plio, de sauts, de sprints. C'était l'époque des Santini, Larqué, Piazza, Lopez, Revelli. Saint-Étienne, pour moi, ça évoque évidemment mon premier match en pro (saison 81-82). C'était dans le Chaudron et j'étais au marquage de Platini. Un beau baptême, même si on avait perdu (1-0, un but de Johnny Rep). Ces matches, c'était chaud, dans une bonne ambiance. Il y avait une grosse rivalité quand même, mais ce n'était pas aussi médiatisé qu'aujourd'hui. Ces deux équipes fournissaient l'équipe de France. Quand les Verts venaient à Nantes, ils prenaient des raclées et inversement quand le FC Nantes se rendait à Geoffroy-Guichard."
Loïc Amisse : "À l'époque, c'était la meilleure équipe française. Nous n'étions pas loin. Sainté et le FC Nantes fournissaient les trois-quarts de l'équipe de France. Ma carrière a vraiment commencé au cours d'un match contre les Verts à Saupin. On gagne 3-1 (1975-76), je marque un but. Dans la région, ça mobilisait tout le monde. C'était le match phare de la saison. Il y avait peu de matches à la télévision. Les Verts étaient le porte-drapeau du football français. On était fiers de montrer que l'on pouvait rivaliser et les battre. Je n'ai pas conservé de maillot de cette époque. Quand tu jouais contre Sainté, l'engouement était différent. Une force se dégageait déjà de notre équipe mais il y avait un supplément d'âme pour les battre."
Bruno Baronchelli : "C'était un peu un exemple. On voyait ce qu'ils avaient fait en coupe d'Europe. Nous, on arrivait, on était un peu derrière eux. Après, on a rivalisé. Je ne crois pas avoir perdu contre les Verts à Saupin, C'était l'ambiance des grands soirs quand ils venaient. Chez eux, on prenait des valises. Forcément, je me souviens de la demi-finale de coupe de France, exceptionnelle. On les bat à Saupin (3-0, le 11 juin 1977). Le match retour (14 juin 1977) avait été terrible à tous les niveaux. En début de match, Eric Pécout avait marqué un but refusé pour un hors-jeu imaginaire et ça aurait pu changer les choses. Ils nous l'avaient fait à la mode coupe d'Europe. On s'était fait bouffer et ils avaient refait leur retard à la mi-temps. On marque au début de la prolongation. Je ne te raconte pas ce que j'ai fait à ce moment-là. Il fallait qu'ils marquent deux buts pour aller en finale. Je ne pensais pas qu'ils y parviendraient. Ils ont marqué ces deux buts et je revois les Verts monter au grillage, en communion avec leurs supporters. Je me souviens d'un autre match à Geoffroy-Guichard : un froid de canard, je joue avant-centre. C'était Osvaldo qui me marquait. Je me suis dit : j'ai un monstre derrière moi ! Il me soufflait dans les oreilles, il me bougeait tout le temps, tu sentais un mec d'une force terrible."