Good luck Kurt !
Avant de filer à l'anglaise, Kurt Zouma s'est confié dans France Football. Extraits.
"J'allais dans mon ancien lycée, à Saint-Etienne, à cinq minutes de chez moi, pour des cours particuliers d'anglais avec une prof. Je faisais trois à quatre heures d'anglais, deux fois par semaine. Elle m'apprenait le langage sportif, les mots comme hors jeu, but, arbitre, en plus du langage courant. Et franchement ça va, ça avance bien ! Je n'étais pas très bon en anglais, j'avais eu 9 à l'écrit au bac, je crois. Mais j'avais raté un an d'anglais et mon prof était souvent absent. J'ai quand même les bases. La compréhension est plus simple que le dialogue. Quand je parle, je cherche encore mes mots mais je comprends bien.
J'ai déjà trouvé une maison. On avait pris quelques jours pour en visiter avec ma copine. Cela nous a fait plaisir de découvrir Londres. On va habiter dans le quartier de Chelsea. Je ne sais pas encore qui sont mes voisins, mais je sais que plein de joueurs du club habitent à côté. Je suis à dix minutes du centre d'entraînement. Je n'avais pas trop envie de me perdre. Fini la colocation comme à Saint-Etienne, ma copine vient habiter avec moi ! Je deviens un homme quoi, ça y est ! Je deviens plus mature. En signant à Chelsea, je prouve que je suis prêt à franchir un palier. Franchement, je ne connais pas grand chose de l'Angleterre. Je n'ai pas étudié ce pays à l'école. Et je n'y avais même jamais été. Cela va être tout nouveau pour moi. C'est bien. Il va juste falloir que j'apprenne à conduire à gauche, ça va être un peu bizarre au début. Après je vais aller voir plein de choses à Londres, le palais de la reine, les musées... Je vais découvrir la bouffe anglaise, ils sont un peu spéciaux avec ça, non ? Mais franchement, je m'en fous. On verra sur place. Je vais très vite m'adapter.
J'aimais bien le maillot bleu de Chelsea quand j'étais petit. J'en avais même acheté un. Je traînais avec. Et c'est devenu mon équipe préférée. Je la prenais toujours à la PlayStation. Je battais toujours mes frères. J'ai une tactique spéciale avec eux. Je vais évidemment me mettre titulaire dans le jeu la saison prochaine, et capitaine ! (rires) Un jour, j'ai allumé ma Play. Je ne savais pas qui prendre. Soit je prenais Sainté parce que j'y étais, soit je prenais Chelsea et je m'achetais direct. Finalement, je décide de prendre Chelsea et je m'achète. Je joue pendant plus de deux heures. Je termine, j'éteins la console et mon père m'appelle. Il me dit que je vais recevoir un appel. Je lui demande qui. Je pensais que ce serait quelqu'un de la famille. Il me dit que non, que c'est quelqu'un du foot. Je n'avais aucune idée de qui ça pouvait être. Et là, il me dit que José Mourinho va m'appeler. Je croyais qu'il rigolait, que c'était une blague. Et Mourinho a appelé !
Je pensais encore que quelqu'un était en train de l'imiter. Mais j'ai compris que c'était vraiment lui. Il me parlait, je l'écoutais. Au début je bégayais, j'avais du mal à parler... C'est très flatteur d'être appelé par l'un des meilleurs entraîneurs du monde ! Il parle toutes les langues, c'est abusé !Il m'a dit que j'avais un profil intéressant. et qu'il voulait faire avec moi comme avec Varane au Real. C'est grâce à lui qu'il est devenu l'un des meilleurs défenseurs français. Quand il te dit ça, tu dis oui tout de suite. Je suis dans la même tranche d'âge que Raph, j'ai envie de faire la même chose que lui, même si joue dans un style différent. Etre l'un des meilleurs défenseurs français, c'est mon objectif. Quand je raccroche, on saute un peu partout, on est content, on danse. J'avais vraiment envie d'aller à Chelsea !
J'avais d'autres offres. Il y avait l'Inter, Monaco et Manchester United. Tous ces clubs avaient appelé. Monaco a été le premier club à m'appeler, avec le directeur sportif. Cela m'avait fait réfléchir, mais Monsieur Mourinho, c'est un signe fort. Je sais que c'est un chois risqué, mais je vais devoir monter dans le train. Je ne sais pas s'il aurait pu repasser. Je suis allé visiter Stamford Bridge et le centre d'entraînement. Pfff, on sent que c'est un grand club ! Il y a des terrains partout. Des galettes, les terrains. C'est très confortable, il y a tout pour bien travailler. Terry, je l'ai vu en ville. Il m'a regardé de loin, moi forcément je l'avais reconnu. Il a hésité, n'était pas sûr que c'était moi, mais il a fini par venir me parler. Je lui ai dit bonjour. Il m'a demandé comment j'allais, si j'étais bien arrivé. J'ai réussi à lui parler en anglais. C'était cool, il a été très gentil. On ne peut pas dire que je vais lui piquer la place. Il reste quand même l'un des meilleurs défenseurs du monde. On verra comment ça se passe. Je veux jouer le plus de matches possible. Je connais bien la Premier League. Quand on était en sieste le samedi, avant les matches, je regardais le championnat anglais sur Canal Plus Sport. Cela va vite, tous les matches sont serrés, tous les stades sont remplis. Et ça file des coups. Moi ça me plaît. Je suis un défenseur qui met des coups.
Je débarque début juillet sur Londres. Dès que je reviens de La Réunion, je commence les cartons. J'ai déjà vidé mon casier à Saint-Etienne. Maintenant je vais vider la maison. C'est galère mais il faut le faire. Je suis un peu triste que quitter Saint-Etienne. C'est quand même chez moi. C'est là où je suis né, là où j'ai commencé. Je suis heureux et fier d'avoir porté ces couleurs. C'est un club fantastique avec un public fantastique. C'est grâce à eux si je pars dans l'un des meilleurs clubs du monde ! Si je devais retenir un moment, ce serait mon but contre Sochaux, il y a deux ans. C'était ma première année en L1. J'avais le numéro 33, et pas encore mon nom dans le dos. On joue à domicile, le match est fermé. A la 80e minute, corner pour nous et je marque. Tout le monde me saute dessus. Je me mets à danser avec toute l'équipe. Le public scandait mon nom, mes parents pleuraient. Un moment inoubliable [ndp2 : à revoir ici]"