Galette promu à Sainté, Favre était le plan B
08/02/2023

Dans Christophe Galtier, les marches du succès, livre de Cyril Collot et Maxime Brigand paru aujourd'hui aux éditions Marabout, Damien Comolli revient sur la promotion de Galette à Sainté.
"Le jour où j’ai quitté Tottenham pour revenir à Saint-Etienne, les présidents m’ont demandé de licencier Laurent Roussey. J’ai refusé car c’est eux qui l’avaient choisi. Je ne voulais pas arriver et licencier quelqu’un, donc ils ont finalement pris cette décision et le nom d’Alain Perrin est sorti naturellement. Je connaissais très bien son travail, ce qu’il avait fait à Sochaux, à Lyon, et on savait aussi très bien la force de son binôme avec son adjoint Christophe Galtier. Pour que ça fonctionne avec Alain Perrin, il fallait qu’il y ait Christophe. On savait qu’il jouait un rôle très important dans la réussite de leur tandem et on en a vite eu la confirmation. C’était assez simple : Alain a rapidement eu un management extrêmement abrasif, qui a fait son succès pendant un temps, et le rôle de Christophe, au-delà de son travail sur la vidéo et l’analyse des adversaires, a été de gommer les aspérités, d’éteindre les feux que le management d’Alain Perrin pouvait allumer de manière régulière.
Quand Alain Perrin est licencié, on a tellement de doutes que Christophe accepte de reprendre le poste de numéro un que je fais tout pour organiser un rendez-vous avec un autre entraîneur. Sur le moment, on le garde entre nous pour que ça reste secret, mais un matin, on doit partir très tôt à Genève avec le président Roland Romeyer pour rencontrer Lucien Favre, qui n’a plus de poste depuis quelques mois. Puis la veille, tout bascule : je reçois un coup de fil de Jean-Pierre Bernès, qui nous dit que c’est bon, que Christophe a eu une discussion avec Alain Perrin, qui le pousse à prendre le poste et qu’il est prêt. A minuit, on annule donc le rendez-vous avec Lucien Favre et on nomme Christophe le lendemain.
On est alors intimement convaincus que ses qualités humaines, qui ressortaient de manière évidente en tant qu’adjoint, vont amener du calme au club et à des joueurs qui ont besoin de confiance, de chaleur, et d’unité. On a très vite senti qu’on avait un leader qui savait dans quelle direction il voulait nous emmener, mais aussi un buvard, constamment sur le qui-vive, constamment en alerte, toujours à la recherche du détail lui permettant de compléter ses manques. Dès le premier jour, j’ai vu un homme en contrôle, même s’il est parfois passé par des moments de frustration énormes, et j’ai essayé de l’accompagner du mieux possible, le plus longtemps possible. On a eu un engagement moral l’un envers l’autre et c’est certainement le seul entraîneur, Arsène Wenger mis à part, avec qui j’ai développé une relation aussi forte."
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