Fofana était son Ben Arfa stéphanois

14/10/2022
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La défense stéphanoise ne s'est toujours pas remise du départ de Wesley Fofana. Dans son autobiographie Libre parue aujourd'hui aux éditions Solar, Claude Puel rappelle à quel point il tenait à l'actuel défenseur central des Blues et des Bleuets. Extraits.

"J'avais obtenu de la part de mes dirigeants de pouvoir garder au moins Wesley Fofana, très sollicité. Je voulais pouvoir concevoir que nous pourrions faire l'équipe autour de lui. Il m'était arrivé à Nice avec Hatem de construire un collectif autour d'un joueur. Wesley avait, pour moi, cette même envergure, lui au poste de défenseur central. Les faits me donnaient raison. Il avait déjà été énorme contre le PSG en finale de Coupe de France. Il l'était sur ce début de saison où, aligné sur les trois premiers matches, il rattrapait tous les coups, diffusant une énorme confiance autour de lui. Après trois victoires en autant de matches dont l'une à Marseille où les Verts ne s'étaient plus imposés depuis 41 ans, une première place au classement, notre match nul 2-2 à Nantes alors que nous menions 2-0 sonnait le début du poids de son absence.

Lors de mon arrivée, Wesley était l'un des jeunes éléments à qui j'avais donné beaucoup de temps de jeu. Sa jeunesse, parfois ses erreurs, pouvaient nous coûter quelques points mais son potentiel représentait un tel gage à court terme en cas de problèmes financiers... La valeur de Wesley, de par son évolution, son exposition et le fait que nous ayons refusé les demandes croissantes des clubs étrangers, avait décuplé. Il illustrait tout à fait l'action que je devais mener pour permettre au club, engagé auparavant sur des dépenses exponentielles, à trouver son salut par la vente d'un de ses nouveaux actifs, en cas de nécessité. Malheureusement, juste avant la fin du mercato, nous apprenions le défaut de paiement de Mediapro. Nous devions nous résoudre à vendre Fofana, Honorat et Vagner.

Ces ventes de joueurs conséquentes laissaient augurer pour les supporters des possibilités accrues sur le marché des transferts. Mais je douchais très vite leur enthousiasme avec une interview vérité pour annoncer que ces fonds ne seraient malheureusement utlisés que pour réduire les déficits causés par le modèle économique précédent, inadapté, la pandémie et ses conséquences et, enfin, l'arrêt du diffuseur, principal pourvoyeur des finances du club. C'était un cataclysme financier et sportif qui se présentait. Nous étions ainsi les seuls à ne pouvoir être acteurs sur ce mercato où même les promus bénéficiaient d'une manne financière par une surface financière plus importante de leur propriétaire ou par l'augmentation de leurs budgets.

Nous fermions la fenêtre mercato ô combien cruciale par le recrutement d'un défenseur axial pour pallier le départ de Wesley à Leicester, après avoir visionné, en 48 heures, une vingtaine de joueurs en prêts, disponibles, en général en manque de temps de jeu ou revenant de blessures. C'était Retsos... Ce ne sont pas des conditions que j'apprécie. Travailler dans l'urgence, sans planification, n'était pas la meilleure façon d'être pertinents, mais nous devions faire face à une multitude d'éléments contraires. Un groupe est toujours sensible aux mouvements. Nous avions perdu un défenseur qui, par sa vitesse, était capable de soulager toute une défense et apportait stabilité et confiance.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Célèbre citation qui donnait toute sa signification au départ de Wesley pour Leicester. Ce type de situation entraîne toujours une certaine fragilité sur un collectif. Après une entame tonitruante en Ligue 1, son absence révélait nos manques et quatre défaites suivaient notre départ. Quand je défendais, auprès de mes dirigeants, le dossier Fofana pour une prolongation ou que je m'escrimais à vouloir faire de lui LE joueur de l'équipe, pour comprendre mes volontés il suffit de voir l'ascendant sportif et psychologique que ce jeune joueur a pris en Angleterre sur son équipe de par ses performances hors normes."

 

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