Papus empêché ?
06/02/2025

France Football a publié une enquête sur la faible représentation des entraîneurs non blancs sur les bancs des clubs pros. Extraits.
"Les coaches noirs ou d'origine maghrébine ont toujours eu plus de mal en France, au plus haut niveau, à se faire une place (...) Quatre coaches noirs - et aucun d'origine maghrébine - officient cette saison en L1 : Antoine Kombouaré à Nantes, Liam Rosenior à Strasbourg et depuis peu Habib Beye à Rennes et Samba Diawara à Reims. Un chiffre supérieur à nos voisins européens mais qui ne dit pas tout de la difficulté toujours rencontrée par certains profils pour avoir leur chance dans l'élite ou même en Ligue 2 et en National.
Ancien président de l'Unecatef, Raymond Domenech a sa petite idée. « Les présidents de clubs et les directeurs sportifs ont décrété qu'un coach portugais, allemand ou italien apporte telle ou telle garantie. Ça devient un label qualité qui crée une filière. Il faudrait absolument quelques réussites éclatantes de coaches issus de la diversité pour construire une confiance sur ce type de profil. Mais je reste étonné que quelqu'un comme Zoumana Camara, avec son vécu de très haut niveau au PSG, n'ait pas eu encore l'opportunité de prendre en charge une équipe première. »
"Je ressens parfois un a priori sur moi", nous confie Zoumana Camara (45 ans). "J'ai visiblement une image positive, je suis perçu comme quelqu'un de sympathique, mais, quand je montre que j'ai un discours structuré, je vois comme une forme de surprise chez mon interlocuteur. C'est ça qui est surprenant car, moi, je suis dans le football de haut niveau depuis 30 ans, c'est étrange que l'on soit surpris que je sache de quoi je parle. Si demain, j'émets un avis politique construit, je conçois que des gens puissent être étonnés par mon propos car ce n'est pas mon domaine de compétences. Mais sur le foot, pourquoi une telle surprise ?"
"Les médias ont aussi une responsabilité car ils ont résumé mon rôle dans le staff du PSG à l'adjoint seulement proche des joueurs, uniquement en poste pour faire le lien. À l'inverse quand Thiago Motta a arrêté sa carrière, les mêmes médias ont mis en avant le fait qu'il était programmé pour être entraîneur car c'était un stratège, etc. Ça signifie que derrière, le schéma est inscrit dans l'imaginaire : untel est profilé pour devenir coach, tel autre est davantage le bon gars capable de se lier avec les joueurs. Les parcours sont quasiment fléchés dès le départ. Et les décideurs sont forcément aussi influencés par ces représentations."
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