Mekhloufi faisait ce qu'il voulait

Dans le hors série d'Ouest France France et Algérie, 60 ans après la fin de la guerre, Rachid Mekhloufi (85 ans) évoque son expérience dans l'équipe du FLN et son retour à Sainté.
"C’est une expérience rare dans le football, dans la politique, de jouer pour un pays qui n’était pas encore reconnu. C’était le top ! Quand le FLN nous a sollicités, ça a été un choc. En France on était bien, on jouait au foot, on gagnait de l’argent… Et puis on est devenu une équipe de gladiateurs. On était conscient de jouer pour une cause. Il n’y a pas eu de pression, je faisais ça par devoir, pour aider l’Algérie. Rencontrer Hô Chi Minh, lui toucher la main, c’était quelque chose de sacré.
En apprenant la signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, j'ai ressenti de la joie, de la gaîté. C'était la fin d’une guerre tout simplement. Je n'avais alors qu’une idée en tête : retourner à Saint-Etienne. Un choix risqué dans le contexte des attentats de l’OAS mais dès décembre 1962, après un crochet par la Suisse, j'ai foulé à nouveau la pelouse du stade Geoffroy-Guichard. Pendant un an ou deux, je surveillais, je faisais attention, j’étais encore un peu "maquisard". Mais au stade, les gens me connaissaient, j’étais libre, je faisais ce que je voulais."