Bernauer, beau joueur
01/02/2025

Sur le point de s'engager avec l'ASSE, le défenseur du Dinamo Zagreb Maxime Bernauer (26 ans) s'était longuement confié l'été dernier au Club des 5. Extraits.
"J’ai plutôt des qualités de relanceur à prendre des risques. J’ai tendance à vouloir être beau et à être efficace aussi. J’aime prendre des risques car c’est un spectacle pour moi le foot, ça doit être agréable à regarder. Je trouve que dans la direction qu’est en train de prendre le foot, il y a de moins en moins ça. T’as de moins en moins de joueurs spectaculaires, qui brillent, paillettes. Au centre de formation de Rennes, on a toujours eu des systèmes de jeu bien élaborés, on a toujours eu le ballon, on a toujours ressorti de derrière avec des 6 qui s’ouvrent, des latéraux qui poussent et des ailiers qui rentrent. On a envie d’avoir de la réflexion sur le jeu.
Au Paris FC, Thierry Laurey m’a dit droit dans les yeux qu’il ne voyait pas un défenseur comme un joueur de foot. Alors que pour moi, dans le foot, le défenseur est le premier relanceur. Laurey me disait que je devais être le garant de l’équipe, que je n’étais pas là pour me faire plaisir. « C’est soit tu joues comme ça, soit tu ne joueras pas. » Je suis sorti de l’entraînement, j’ai appelé direct mon agent : « je ne jouerai jamais avec ce coach. C’est impossible ! « Mais j’ai fini par jouer. Tu d’adaptes un peu pour essayer de gratter des trucs.
A l’entraînement, sur un petit ballon entre deux, d’habitude t’aurais fait le petit crochet mais tu mets un brin devant, tu dis « sortez ! » et le coach te dit : « bien joué ! » Alors que dans ta tête, tu te dis que ce n’est pas du tout ce que tu aurais fait, que ce n’est pas du tout bien joué. Parfois, Laurey me disait : « joue long, joue dans le dos ! » Je lui répondais : « On n’a rien mis, il n’y a pas de décalage. » On venait de mettre le ballon en jeu dans une conservation latéral-central. Central, on joue, j’essaie de casser une ligne et au moment où je ratais Laurey criait : « Qu’est-ce que tu me fais, joue long, dans la profondeur, dans l’espace ! »
Moi, dans la réflexion que j’avais, quand j’ai appris le football, ce n’était pas ça du tout. C’était interdit. Quand je m’entraînais avec les pros à Rennes, un jour je fais un jeu long sur Adrien Hunou qui part en profondeur. Il prend le ballon et marque. Ben Arfa se retourne et me crie dessus : « pourquoi tu joues long ?! » Je lui réponds qu’on a marqué mais il me dit que je ne dois pas jouer long long à ce moment-là. Benjamin André me dit après qu’il a raison. J’arrive au Paris FC, je veux réfléchir, faire le décalage, mais ce n’était pas du tout ça qu’on me demandait.
Si je faisais 1m95, que j’étais un monstre dans les duels, si ça se trouve j’aimerais le même style de foot mais je ne serais pas le joueur qui correspond à ce que je vois. Parfois je veux anticiper, passer devant l’attaquant et ça ouvre un trou. C’est ça que j’ai dû corriger en montant de niveau. Plus tu montes, moins t’as le droit d’ouvrir et de faire des erreurs et plus t’es dans le pragmatisme. Mais je ne veux pas perdre mes forces : l’anticipation, la relance, la capacité à briser des lignes et à fixer. Même si demain je ne joue pas, je suis prêt à rester comme ça et demain il y aura peut-être un coach qui aimera ce style-là.
Mais c’est grâce à Laurey que j’ai réussi à être constant sur mon niveau de performance. Dès que je faisais un truc qui ne lui convenait pas dans le match, il ne me faisait pas jouer le match d’après. Je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur avec lui. Même après 10 matches où j’étais vraiment bon et on gagnait tout, si je faisais une passe qui cassait les lignes mais interceptée, le match d’après, je ne jouais pas. Je comprends les coaches, ils sont sur des espérances de vie archi courtes, ils jouent leur vie à chaque résultat.
Même quand t’as un coach qui kiffe le beau football, si derrière tu lui coûtes un but tous les 3 matches… Si un coach avait un projet à moyen ou long terme, il pourrait un peu plus se permettre d’amener ces joueurs à maturité. Mais aujourd’hui, t’es dans une obligation de résultats partout ! Ces dernières années, j’ai eu des coaches qui n’étaient pas du tout dans la même vision du football que moi. Il y a beaucoup de systèmes basiques où il faut d’abord bien défendre et faire confiance aux offensifs pour faire le taf et marquer un but.
Y’a pas beaucoup de matches où tu kiffes regarder et où te dis que t’as pris un plaisir fou. Y’a pas que l’Espagne où le foot beau à regarder. Quand je vois l’Allemagne, c’est du football à intensité, ça va presser haut. T’as des joueurs de talent, collectivement c’est fort et tu vois les intentions de jeu. Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de coaches qui prennent des risques mais ceux qui le font, ces derniers temps, ça marche. Tous ceux qui arrivent avec des nouvelles idées et qui sortent des schémas classiques… Dès que t’animes un peu, que tu mets de la supériorité au milieu, que tu mets un carré au milieu, un losange dans les demi-espaces, ça marche.
La data, c’est que du plus si tu t’en sers bien. Si tu ne sais pas les analyser, tu ne peux pas t’en servir. Est-ce que les gens qui regardent la data dans les clubs regardent d’abord la date et après le terrain ou d’abord le ressenti terrain et s’appuient sur la data ? Si des clubs recrutent avec la date, je pense qu’ils n’ont que des mecs qui savent s’en servir. Je pense qu’il y a des milliers de mecs qui ressortent de la data mais visuellement, ce n’est pas ce qui leur convient. Si demain j’ai des datas pourries, je m’en fous. Je ne joue pas pour ça.
Après ma carrière de joueur, j’aimerais rester dans le foot, être coach ou directeur sportif pour insuffler ma vision, pour avoir un impact sur un club ou une équipe. Aujourd’hui je n’ai pas été pleinement satisfait des coaches que j’ai eus. Y’a plein de coaches qui arrivent comme ça, des mecs comme Pierre Sage, Franck Haise. Des mecs qui arrivent avec des idées un peu novatrices et ça fonctionne. C’est peut-être parce que je ne le vois pas assez que j’ai envie d’essayer."
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