7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Lemoine se confesse dans la Bible

L'autoproclamée "bible du football" a publié aujourd'hui une interview de Fabien Lemoine. Extraits.

"Quand je suis arrivé de Rennes, je n'avais pas conscience de l'importance que revêtait l'Europe dans ce club. Pas la première année. L'histoire était là, mais le club il y a trois ans et demi n'était pas celui qu'il est devenu à l'heure actuelle. C'est lors de notre confrontation face à Milsami Ohrei que j'ai senti qu'un match de Coupe d'Europe n'était ni un match de Coupe, ni un match de championnat. C'est vraiment à part. Après l'échec de l'an passé, on avait vraiment à cœur de revenir.

Je ne m'attendais pas à cette obsession européenne à Saint-Etienne. J'étais nouveau, je débarquais. Plus jeune, j'avais pourtant des posters des Verts. J'ai toujours aimé ce club. Je le supportais. Plus jeune, je voyais bien que ce stade n'était pas comme les autres. J'aimais les grosses ambiances, les équipes portées vers l'avant. Ici à Geoffroy-Guichard, même si on gagne 2-0 ou 3-0, on se sent obligés de continuer d'aller de l'avant parce que derrière, les supporters réclament des occasions et ne demandent qu'à s'enflammer.

A l'époque où je suis arrivé ici, Rennes était devant Saint-Etienne. L'année où j'arrive, le Stade Rennais était en Ligue Europa alors que Sainté venait de finir dixième. On est passé devant depuis deux ans. Il faut s'inscrire dans la durée. Mais moi, en arrivant ici, c'était d'abord un challenge personnel pour revenir à un bon niveau et je ne pensais pas du tout à l'Europe. Je ne me disais même pas : "Je veux vivre quelque chose avec Saint-Etienne."

La Ligue Europa est devenue plus forte qu'il y a quelques années, surtout avec sa nouvelle formule des poules de trois matches alller-retour. En plus, des gros clubs y sont parfois reversés après leur échec en Ligue des Champions. Quand on voit le premier chapeau au moment du tirage de la Ligue Europa, il y a quand même des "morceaux" du niveau de la Ligue des Champions.

La présence de l'Inter dans  notre groupe, je ne la prends pas comme un cadeau, mais comme une opposition fantastique. La Coupe d'Europe, c'est si différent du championnat… On va dans des stades qu'on ne connaît pas. San Siro, c'est quelque chose en Europe ! On pense aussi à ce que ce sera, quand on jouera les Italiens chez nous. Une affiche comme celle-ci, moi, je trouve ça génial !

Chez nous, la Coupe d'Europe, ça compte. Ça s'est vu à travers notre match retour face à Karabükspor. Le coach à la fin du match a explosé de joie. Le stade, les dirigeants et les joueurs avec lui. Cette communion avec le public était à la mesure de l'échec de l'an passé. Cette année, on y est arrivés. Maintenant, il va falloir tout donner pour sortir des poules. Si on a fait tout ce chemin-là, ce n'est pas pour se dire que la Coupe d'Europe n'est qu'un simple bonus. On va la jouer à fond."