Pas triste, Guillou !
29/08/2021

Dans la Pravda du jour, Patrick Guillou nous narre d'amusantes anecdotes tirées de ses vertes années. Extraits.
"Le joueur le plus fort avec lequel j'ai joué ? Alex. Un branleur et un feignant sans nom. Il vivait la nuit, dormait aux entraînements, quand il venait. Le mardi, il avait mal au dos, aux mollets. (Il prend l'accent brésilien.) "Coach, mal à la tête, moi pas très bien." Mais il fallait le prendre comme il était, un artiste des pieds, une adresse redoutable dans les petits jeux, devant le but et le samedi, il était là. Mais tu ne peux en avoir qu'un comme lui dans une équipe. À un moment, le groupe voulait le virer mais je leur avais dit "vous êtes des débiles mentaux, il nous fait gagner des matches !"
La consigne jamais comprise ? La causerie de Pierre Repellini, un coach que j'adore, avant un Saint-Étienne - Nice en L2. On était très mal, on était nuls et quand on écoutait Pierre, tous les week-ends, on affrontait Milan ou l'Ajax : "Alors, on joue Nice, ils ont un grand attaquant mais sur les côtés, ils ont Franco Vignola, petit, percutant, dribbleur. De l'autre côté, il y a Franck Vandecasteele, le même, très fort aussi, son pendentif." On se regarde avec Jérémie, on a un doute, on sait que quelque chose ne va pas. Quand on comprend qu'il a vraiment dit pendentif, rideau, on n'était plus dans le match.
Le joueur le plus fou ? Fabien "Bibi" Boudarène, Janot et moi, c'était Ligue des champions ! Avec Jérémie, on a dix ans de différence et un jour il vient me voir avec son cahier de statistiques, c'était un fou. "Pat, je ne comprends pas, je suis le meilleur à l'entraînement, je ne joue pas." J'étais en train de pousser de la fonte, je lui dis de ne pas me casser les c... et d'aller voir le coach. Ce con l'a fait ! Nouzaret lui avait balancé un mug sur la gueule !
La plus grosse bagarre ? À Calvi, avec la réserve de Sainté. L'arbitre Philippe Malige, qui est devenu un ami, m'avait expulsé. Ce n'était pas mérité, c'était plus que mérité. J'avais pris un crachat au milieu du front et j'avais mis une pigne au gars. Derrière, bagarre générale, on était quinze Stéphanois, 200 supporters nous avaient couru après et je me souviens que Philippe m'avait dit "Mets-toi derrière moi". Il disait aux autres : "Je mets un rouge à celui qui le tape !" Les arbitres me chambraient et heureusement avec tout ce qu'on leur mettait dans le cornet ! Malige me disait quand j'étais au sol : "Tu peux rester par terre, ils jouent mieux sans toi."
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