Bryan Dabo revient sur ses vertes années

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Bryan Dabo revient sur ses vertes années

Recruté par l'ASSE pour 4 M€ au MHSC l'été 2016 et revendu 3 M€ 18 mois plus tard à la Fiorentina, l'ancien milieu de terrain Bryan Dabo (34 ans) est revenu sur son expérience stéphanoise la semaine dernière sur la chaîne YouTube Addict O Foot. Extraits.

"Avant de signer à Sainté, j’ai parlé deux ou trois fois avec Christophe Galtier. Il n'est pas là pour rigoler quand il veut un joueur. Le premier rendez-vous avec Galtier, ça se passe très bien, franchement, au début. Très bien, top équipe, top mec. Le directeur sportif de l’époque, qui est d'ailleurs directeur sportif d’Auxerre maintenant [David Wantier, ndp2], c'est un mec qui a une bonne vision. Le club ? Tu sens la ferveur de Saint-Etienne. Sainté eet l’OM c’est kif-kif.

On fait la préparation, tout se passe super bien. Dernier match de prépa, je suis sur le banc. Alors que tous les matchs de prépa, je suis titu. Peut-être qu'à un moment donné, je m'étais un peu reposé sur mes acquis en mode « je suis le plus gros transfert, j'arrive un peu comme un king ». Et lui, il a voulu me faire passer un message en mode « Écoute, ici, tu passes un step, t'es à Sainté ! Si tu me donnes un mauvais ressenti, on ne va pas hésiter à te mettre sur le banc ». Mais par contre, c'est un homme.

On doit jouer en League Europa, il me met sur le banc. Et moi, j'ai la rage. Je suis en feu, les narines dilatées et tout. Je suis en feu. J’arrache tout. Une semaine d'entraînement, il me fait rentrer, je fais une bonne prestation. Le match d'après, titulaire. L’ironie du sort, c’est que sur une contre-attaque, je tacle, je récupère la balle. Boum, je lance quelqu'un et ça fait but. Je me blesse. C'était le déclic. J'étais en train de lui sortir un top match. Ça allait aller comme ça, crescendo, lui et moi mais je me blesse.

Et là je fais ce qu'il ne faut pas faire. Si j'ai un conseil à donner aux jeunes, c'est « ne revenez jamais trop tôt ». Je reviens trop tôt. Ça veut dire que je devais être blessé un mois et demi ou deux mois. Je reviens vraiment beaucoup plus tôt que prévu. J'ai mal jusqu'à janvier, février. J'avais mal à la cheville. Quand je dis mal, à Saint-Etienne, il fait froid. Le vrai froid. Des fois, je me levais le matin, Impossible de poser pied. Trop mal. Je serrais les dents. Je me disais que ce n'était pas possible.

Parce que dans ma tête, je me disais qu’un autre allait prendre ma place. Impossible. Je joue, je joue. À un moment donné, on a pénurie de blessés. 8 ou 9 joueurs out. Ou 9 joueurs out. Galtier me dit que je dois joueur défenseur. Ok, pas de problème. Boum, je joue défenseur. Je serrais les dents. J'ai mal, j'ai mal, j'ai mal. Et à un moment donné, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre lui et moi. Problème de communication… C'est pour ça que je répète souvent aux mecs qu'il faut aussi un peu de méchanceté pour être footballeur professionnel.

Quand je dis méchanceté, ce n'est pas mettre un coup de pied, prendre un rouhe. . C'est un peu de méchanceté mentale, de force mentale.À un moment donné, il me met remplaçant pendant 2, 3, 4 matchs, il ne me dit rien. Moi, pareil, j'ai la rage. À l'entraînement, je commence à pousser,à faire des grosses séances, mais il ne me dit rien. Un jour, il s'arrête devant moi comme ça et je lui dis « qu'est-ce qu'il y a ? » Il me regarde et je lui dis pourquoi je suis tout le temps sur le banc et tout. Il me dit : « C’est maintenant que tu te réveilles ? »

Il me testait. Mais ça, je l'ai compris bien après. Lui, dans sa tête, il s'est dit : « ça ne te dérange pas d'être remplaçant ? Pas de problème. Je vais faire jouer Jordan Veretout, Henri Saivet, Ole Selnaes et tout, pas de souci. » Et ça, je l'ai compris bien après. Et pourtant, ça s'est mal passé entre lui et moi, parce qu'à un moment donné, je ne sais pas, ça ne matchait pas. Je trouve que c'est quand même un mec  qui est évolué dans sa façon de voir les choses. Il est pragmatique.

Galtier veut gagner, il sait comment amener son groupe. De toute façon, je n'ai même pas besoin de dire ce qu'il a fait avec Saint-Etienne, ça parle pour lui. Il a fait 8 ou 9 ans au club. En fait, moi, j'arrive la dernière année. Je pense aussi qu'il était à bout parce que tu avais deux présidents qui ont aussi redoré le blason, ou plutôt qui étaient très importants à Saint-Etienne. Lui était une pièce forte de Saint-Etienne. Mon prisme de lecture quand je fais la rétrospection des choses, c'est qu'il est arrivé à bout.

 Peut-être que certains joueurs ont payé, peut-être que moi aussi j'ai un peu payé. Il y a eu aussi Nolan Roux. Surtout que moi, il est allé me chercher et ils ont sorti un chèque. Tu as peut-être cette pression mentale de te dire : « si moi je le ramène, il doit être au-dessus de tout le monde ». Il était plus difficile avec moi qu'avec les autres en préparation. Mais si un coach est dur avec moi, je sais pourquoi il est dur avec moi. Le problème, c'est le jour où le coach ne me regarde pas et qu'il me laisse. Ça veut dire « bon, allez, tu es sur le côté ». Ok. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Quand il était dur, je jouais, le jour où il ne me regardait plus « allez, va t'asseoir ». C'est exactement ce qui s'est passé. Jusqu'à ce qu'il parte.

Mon meilleur souvenir à Saint-Etienne ? On en a eu quelques-uns quand même. On a eu des belles victoires. Un jour, on a fait une superbe remontada contre Anderlecht. Ça, c'était un souvenir incroyable. En Ligue Europa, on perd 2-0. Ils avaient une équipe solide à l'époque. Il y avait Youri Tielemans, qui est à désormais à Manchester [le milieu de terrain des Diables Rouges n’a pas pris part à cette rencontre mais avait joué 5 semaines auparavant lors du nul 1-1 à GG, ndp2]. Ils avaint aussi Leander Dedoncker [passé depuis à Wolverhmpton, Aston Vika, Naples, Oviedo et jouant désormais à l’Hadjuk Split, ndp2]

On perd 2-0 et à la mi-temps Galtier dit : « les gars, en vrai, on peut gagner 3-2 ». Et nous on se regarde et n dit « oui, c'est vrai.» Parce qu'ils ne nous avaient pas baladé dans le jeu. Ils ne dégageaient pas de la maîtrise. On gagne effectivement 3-2. Contre-attaque sur contre-attaque but, but, but… Incroyable ! Après on tombe contre le Manchester United de Zlatan Ibrahimović. Ça, c'était un super souvenir.

Après, malheureusement, avec Galtier, ça s'est mal passé. On ne finit pas comme ça devait. Parce qu'à chaque fois, c'était place qualificative pour l'Europe. L'année d'après, on fait un super début de saison avec Oscar Garcia. Vraiment, il met sa patte. Lui, il vient de Barcelone Ça veut dire que c'est un Espagnol. Avec lui, c'est le jeu. J'ai beaucoup appris avec lui, surtout sur les toros.

Les toros, ce n'est pas une blague pour lui. On en faisait de 20 ou 25, ce n'était pas pour rigoler. C'était vraiment sérieux. Tout ce qui est schémas tactiques possession de balles, orientation du corps. Lui, franchement, en termes de football... Ça a fait évoluer. Mais pas que moi, Oscar Garcia a fait évoluer un groupe. Parce qu'il y avait des gros joueurs. Il n'y avait pas que moi.

Le meilleur joueur que j’ai côtoyé à Saint-Etienne ? Franchement, sans hésitation, Loïc Perrin. J'étais très proche de Loïc. Même encore aujourd'hui, on parle de temps en temps, parce qu'il est un peu overbooké maintenant, du fait de sa position. Pour moi, c'est un monstre. Il est intelligent. Il est bon techniquement. Il est bon dans la relance. Trouver les passes et compagnie, tu peux le réaliser techniquement, mais avoir l'intelligence de le faire, c'est autre chose. Il est dur au mal. Il jouait blessé parfois, je le sais, je le voyais. Dès qu'on perdait 1-0, il égalisait. Dès qu'on avait les moments difficiles, il avait toujours la parole juste. Pour moi, c'était un top player.

Je me rappelle mon doublé contre Amiens. Surtout la glissade derrière. Tanguy Ndombele. m'avait choqué ce match-là. Nous, on gagne 3-0. Moi, dans ma tête, je rentre dans le vestiaire et je me dis qu'il est trop fort. Trop, trop fort ! Geoffroy-Guichard ? Un stade de top niveau. Top 3 en France. Le Vélodrome, top 1, bien sûr. Ensuite Geoffroy-Guichard et Bollaert. Et même si je suis Marseillais et qu'on n'est pas supporters du PSG, les Parisiens ce qu'ils sont en train de proposer en ce moment, c'est quand même très costaud. On ne boxe plus dans la même cour que le PSG."

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