Pélissier n'a pas oublié les poteaux carrés

28/08/2020
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Le sympathique entraîneur lorientais Christophe Pélissier, qui était revenu pour nous sur ses vertes années en avril 2019, en a fait de même aujourd'hui pour Ouest-France. Extraits.

"C’est toute la France qui s’identifiait à l’ASSE, pas uniquement moi. Et pourtant, je ne suis pas du tout de la région, je suis de Toulouse. Mais c’est l’équipe dont toute la France était amoureuse. Je me souviens très bien de ce 12 mai 1976, La veille du match, les parents de mon ami d’enfance, Bruno, me disent : demain on va à Glasgow voir la finale de la Coupe d’Europe ! C’était une surprise. Mais il fallait encore l’accord de mes parents. Partir à Glasgow à 11 ans, c’était un truc de fou ! Je n’avais jamais été à l’étranger. Mon père a d'abord refusé que j'y aille. Heureusement, à force de persuasion, la maman de mon ami a fini par obtenir son accord. On est parti en bus de Revel à 5h00 du matin, en voyage organisé, on est arrivés vers midi à Lyon pour prendre l’avion vers 14 h.

Avant d’arriver à Glasgow, où l’on a pris un bus impérial rouge pour aller au stade. Aux abords du stade et dans l’enceinte, tout le monde était habillé en vert, je portais mon maillot Manufrance, il y avait des Français partout, j’en ai des souvenirs plein les yeux. La fièvre avait pris la France. J’étais placé dans un virage, à peu près à hauteur des 16 mètres quand on frappe les poteaux carrés. Comme il y avait du monde et qu’on était petits avec mon copain, les bobbies nous avaient pris pour nous asseoir devant les panneaux publicitaires. Paradoxalement, je n’ai pas trop de souvenirs du match en lui-même, si ce n’est les frappes sur le poteau. Et du tour d’honneur des Allemands, de Beckenbauer avec la Coupe. Il y avait de la déception après la défaite, forcément, mais il y avait aussi ce côté festif.

On est rentrés directement après le match. Il me semble qu’on avait dormi dans l’aéroport de Glasgow avant de reprendre l’avion le matin. Le lendemain, j’étais tellement fier d’avoir le maillot que j’avais été à l’école avec parce que je ne voulais pas le quitter. Ma mère me disait qu’il fallait le laver. Ce maillot, je le mettais tout le temps à l’entraînement le mercredi. Quand elle le lavait, il fallait vite qu’il soit sec. Tout était exceptionnel, ce sont des moments que l’on n’oublie pas."

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