Anto, un second père pour M'Vila

03/03/2023
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Dans une longue interview à Libé, Yann M'Vila est revenu sur son parcours. Extraits :

"Frédéric Antonetti a été un deuxième père pour moi. Il m’a fait un calendrier : “Tiens, note tout ce que tu manges pendant une semaine.” Je n’ai pas triché, ni en marquant n’importe quoi ni en changeant d’alimentation. Il a jeté un œil et m’a dit : “Si je mange ça, je meurs.” Et il m’a demandé de vivre chez lui. Comme j’étais avec ma famille, il m’a envoyé un cuisinier à demeure. Si je devais revenir en arrière et écouter un mec, c’est lui. Il disait toujours : “Tout part du terrain et revient au terrain”, parce que c’est toujours là que l’on te juge à la fin. Il avait raison.

Ensuite, il y a l'histoire de la virée à Paris quelques jours avant un barrage retour qualificatif pour l’Euro Espoirs 2013. On fait l’aller-retour Le Havre - Paris dans la nuit de samedi à dimanche et on joue en Norvège le mardi. Là, il pleut, on joue sur un synthétique, ils nous mettent une pression d’enfer… Je ne pense pas qu’on perd parce que cinq joueurs ont fauté. Mais ils ont fauté quand même.

Ce serait sorti même si on avait gagné. Mais on aurait sans doute raconté une histoire différente. Tu peux construire un groupe en prenant ce genre d’initiative, par exemple. Quand j’étais au Rubin Kazan en Russie, une fois par mois, on privatisait un resto : on se fait un câlin, on sort le karaoké parce que les Russes adorent le karaoké et on passe à autre chose. C’est parfois là que tu adresses la parole à un mec pour la première fois. Pour en revenir à la virée de 2012, c’est vrai qu’on est jugé par rapport à ce qui s’est passé après. Mais c’est le jeu. Tu le connais et tu assumes. Avant cette histoire, j’étais en contact avec Manchester City, qui m’avait demandé mon numéro de maillot. Ensuite… Après l’histoire des Espoirs, j’ai joué au foot et la vie a continué. Pourtant, je vis avec l’idée que ma carrière, du moins celle qui m’attendait, s’est arrêtée à 22 ans. On m’a collé une étiquette impossible à enlever. Peu ont essayé d’apprendre à me connaître pour savoir si elle était justifiée ou non.

En 2018, Jean-Louis Gasset m’appelle pour que je vienne relancer l’AS Saint-Etienne : je lui dois deux magnifiques années en équipe de France [Gasset était l’adjoint du sélectionneur Laurent Blanc entre 2010 et 2012], j’accepte. Un an plus tard, en répondant à une question que l’on me pose, je lâche : “Si Gasset s’en va, je m’en vais.” Je m’exprimais par rapport à une fidélité ancienne. Je n’avais rien contre un éventuel successeur. Je n’exigeais aucun droit de regard. Mais on l’a vu comme ça. Quand Gasset te parle, ça sonne vrai. Il va chercher l’homme avant le joueur et je n’ai jamais, jamais vu le foot autrement. Il m’a déjà chopé devant tout le monde : quand il pousse une gueulante, tu te dis chaque seconde qui passe que ça doit être la dernière (sourire). Certains joueurs sont différents, bonjour-bonsoir, chacun fait son truc, etc. Mais moi, je dois croire à quelque chose qui me protège, où tu ne te demandes pas quand tu vas prendre un couteau dans le dos. Il me faut un écho, de… l’électricité. A Saint-Etienne, j’ai joué un match avec deux déchirures à la même cuisse parce que Gasset me l’avait demandé." 

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