Zone mixte, zone lisse
28/11/2025

Témoignages de 2 anciens membres de l'ASSE à l'appui, Ouest-France met un coup de projecteur sur la zone mixte. Extraits.
"Content d’avoir gagné/triste d’avoir perdu"… La zone mixte est un lieu de passage supposément obligatoire pour les joueurs. Certains l’esquivent. D’autres distillent un discours lisse. Rares sont ceux qui tapent du poing sur la table [c'était le cas de Gautier Larsonneur la saison dernière après la défaite à Dunkerque et cette saison après le naufrage à Annecy, ndp2]. Les clubs professionnels travaillent pour faire de la zone mixte un espace de plus en plus contrôlé [à l'ASSE, c'est l'omniprésent attaché de presse Joël Gomes, traducteur des propos d'Eirik Horneland dans les conf', qui oeuvre en ce sens, ndp2].
"Je sais que certains peuvent avoir un sentiment d’insécurité", estime Fabien Lemoine, ex-joueur de Rennes, Saint-Étienne et Lorient. "Les entraîneurs lisent beaucoup la presse. La zone mixte est un événement hebdomadaire qui peut se retourner contre nous. Les réponses en surface, ça évite de se tirer une balle dans le pied. Et de se mettre le coach à dos en fonction de ce qu’on a dit. Quand j’ai commencé le football, les attachés de presse n’étaient pas tout le temps là pour nous driver et donner le sens des réponses. On était assez libre. Il ne faut pas se voiler la face, aujourd'hui on voit tout le temps les mêmes têtes en après-match…"
"Il y a un débat entre l’idée que les joueurs puissent s’exprimer librement, mais ces joueurs représentent un club. Il faudrait d’un côté qu’ils se lâchent. Mais s’ils se lâchent un peu trop, ils seront mis en porte-à-faux. D’où l’idée de les accompagner et de leur diffuser un message clé", explique Philippe Lyonnet, ancien directeur de la communication de l’AS Saint-Etienne. Chez les Verts, l’entraîneur Christophe Galtier aimait débriefer directement le match, afin de passer des messages, et ainsi créer une unité dans les réponses de ses joueurs devant la rubalise.
"Les joueurs trouvent toujours un moyen pour y échapper", indique Philippe Lyonnet. "Certains traînent, demandent des soins alors que ça va, se réfugient deux heures dans les loges. Le service com n’est pas un secrétariat qui doit coûte que coûte faire s’exprimer des joueurs. Je ne vais pas mentir, on ne sanctionne pas le non-passage des joueurs. Parce que nous, en tant qu’institution, on doit mettre le curseur sur ce qui est notre priorité : c’est-à-dire la performance. Les joueurs de foot sont des Formule 1 avec leurs lots de subtilité. On ne va pas leur faire payer 50 000 € d’amende pour être directement monté dans le bus."
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