Des Verts au Bout du monde

04/08/2023
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Ouest-France met à l'honneur l'ancien pensionnaire du centre de formation de l'ASSE Jacques Guérin, directeur et fondateur du festival du Bout du monde qui se tient chaque été à Crozon (Finistère) depuis l’an 2000. Extraits.

« J’aime bien l’expression "artisan du spectacle". Comme le ferait un ébéniste ou un vigneron, on travaille nos projets des fondations à la présentation finale. Ça prend du temps mais ça a du sens. Proposer une affiche audacieuse et singulière, dans une ambiance festive et à taille humaine, c’est notre ADN, explique Jacques Guérin. C’est aussi ce que le public nous demande. »

S’il endosse le rôle de « commandant du bateau » par nécessité, le sexagénaire est animé par les aventures collectives depuis toujours. Sa première expérience se joue dans les années 1970. Originaire de Guérande (Loire-Atlantique), l’adolescent quitte sa ville natale pour le club de foot de l’AS Saint-Étienne et l’espoir de devenir pro. « C’était la première fois que je partais de chez moi, j’avais 16 ans, se souvient celui qui côtoie alors des joueurs comme Félix Lacuesta, Laurent Paganelli et Jean-François Larios. J’étais numéro 6, milieu défensif. Ni devant ni derrière mais toujours là. Un rôle qui m’allait très bien, une bonne école de la vie aussi. »

Jacques Guérin découvre le Finistère deux ans plus tard, à l’occasion de son service civique qu’il effectue dans un foyer de la Marine, à Brest. « Je n’en suis jamais reparti », glisse-t-il. Sorti de ses obligations républicaines, il prend les rênes du Claj (Club de loisirs et d’action jeunesse) de Brest et monte des projets socioculturels pour et avec des jeunes des quartiers. Directeur du Centre de création musicale de Brest entre 1989 et 1992, Jacques Guérin crée et « amarre » son entreprise Quai Ouest Musiques au port de commerce de la ville, en 1994. Elle propose depuis « des musiques métissées » d’ici et d’ailleurs dans plusieurs salles de concert et communes du pays de Brest.

L’aventure du Bout du monde, elle, vient avec l’an 2000. « En 1999, beaucoup de communes voulaient marquer le changement de millénaire », se souvient Roger Lars, maire de Landévennec depuis 1983. Jacques Guérin imagine avec ses amis, Sébastien Panou et Marc Ribette, une grande fête pour la presqu’île de Crozon. « Il nous fallait un site emblématique. Le fort de Landaoudec était parfait. » Reste à convaincre les maires de cette zone isolée, ultra calme et où l’Armée est le premier employeur.

« Très peu de gens y croyaient », se souvient Jacques Guérin. « Moi le premier, reconnaît Roger Lars. Je faisais partie des inquiets. Je ne savais pas ce qu’était un festival, je pensais que c’était une rave-party organisée. » Jean Cornec, le maire  de Crozon d’alors, est clair. « Il nous a dit : ça marchera jamais, raconte Jacques Guérin. On lui a répondu, donne-nous une heure. » Après une belle soirée entre copains, « on lui a présenté le projet écrit sur un bout de nappe en papier », se souvient le patron du festival, le cœur au bord des yeux. Il a ensuite fallu réunir, expliquer et convaincre tous les autres.

La première édition du Bout du monde, les 12 et 13 août 2000, rassemble 17 000 personnes à Crozon. À l’affiche, Ska-P, Johnny Clegg, Yuri Buenaventura ou Erik Marchand et le taraf de Caransebes. En 2004, une troisième scène est ajoutée. En 2005, le festival passe à trois jours et limite sa jauge à 20 000 spectateurs par jour. « Jacques a osé et su travailler avec tout le monde. Aujourd’hui, le festival est une réussite autant qu’une évidence, salue Roger Lars. On a de la chance. »

Parmi les beaux souvenirs du directeur, il y a la venue de Manu Chao en 2003, les tasses à thé peintes de la main de Stephan Eicher en remerciement de l’accueil. Il y a aussi les créations inédites, telles que la prestation d’Ibrahim Maalouf avec le « bagad du Bout du monde » en 2010, ou Faada Freddy faisant de la musique corporelle avec des enfants autistes du pays de Brest en 2015. « Favoriser les rencontres, c’est aussi ça le Bout du monde », se réjouit Jacques Guérin."

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