6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

La taxe le rend furax (7)

Sur le site du Figaro, Bernard Caïazzo a durci le ton aujourd'hui dans son combat contre la taxe à 75%. Extraits.

"Dans une semaine se tiendra une assemblée générale extraordinaire lors de laquelle nous, présidents, devront décider des mesures à prendre face à l'entêtement du gouvernement de nous coller cette taxe qui s'élève à 5% du chiffres d'affaires des clubs. Très clairement, certains clubs ne pourront pas payer cette taxe. Par exemple, les dirigeants de Lille nous ont dit qu'ils ne seraient pas en mesure de s'en acquitter et qu'ils devraient déposer le bilan (...) La situation financière de la grande majorité des clubs n'a jamais été aussi difficile. Donc les clubs s'interrogent. Quand la métallurgie ou le secteur automobile vont mal, on ne colle pas une taxe de 5% sur les chiffres d'affaires des entreprises concernées. C'est une aberration totale, un non-sens économique qui reviendra à tuer plusieurs clubs, purement et simplement.

Il y a un ras-le-bol complet des clubs français vis-à-vis d'un gouvernement qui, sous prétexte d'une promesse de campagne du candidat Hollande qui devait concerner les individus, va faire payer les sociétés. Car il faut bien comprendre que cette taxe, ce sont les clubs qui s'en acquitteront, pas les joueurs. Pour s'en rendre compte, il suffit de lire le compte rendu de la commission des finances de la semaine dernière. Vous avez des députés socialistes qui disent : «Si l'on peut payer des transferts de 100 millions d'euros, on peut bien payer une taxe de 5% sur son chiffre d'affaires.» Mais où avez-vous vu des transferts de 100 millions en France ? C'est d'une ignorance totale…

 J'ai eu une discussion avec Mme la Ministre à la mi-temps du match France-Finlande mardi. Elle m'a parlé de la spirale inflationniste des salaires. Je lui ai dit que c'était effectivement le cas au Paris SG et à Monaco, mais pas dans les autres clubs. Après, ce n'est pas de leur faute si on a créé une image totalement faussée. C'est comme si demain, vous partez en Albanie, que vous tombez sur un milliardaire et que vous en concluez que tous les Albanais sont milliardaires (...) La Ministre, elle fait de la communication car elle est très embêtée par cette situation. Elle se rend compte du non-sens de cette mesure. Si cette taxe s'appliquait à d'autres secteurs d'activité, je vais vous dire : vous auriez au bas mot 90% des entreprises françaises qui déposeraient le bilan.

Je ne pense pas que les dirigeants des clubs de football en France soient des fous ou des hurluberlus. Si nous en venons à cette décision de boycott, c'est simplement qu'il s'agit d'une question de vie ou de mort. Lorsque les gros sont malades, les petits meurent. Et puis quand je vois que M. Hollande se lave les mains du sujet, que M. Ayrault se lave les mains du sujet, que tout le monde semble s'en désintéresser… Nous n'avons pas d'autre issue. A partir du moment où certains ne comprennent pas que le football français n'est pas aussi riche qu'ils veulent bien le croire…"