7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Domenech, pauvre mec

Dans son Dico passionné du foot, Raymond Domenech ne se contente pas de tacler Jean-Michel Larqué. L'ancien vilain parle évidemment des Verts. Extraits.

"Une année, nous revenions d'un rassemblement de l'équipe de France Espoirs, Lyonnais et Stéphanois dans le même avion, juste avant un derby. Christian Sarramagna et moi jouions au carte ensemble. Je lui ai dit : "Ecoute Sarra, ne me fais pas chier, dimanche je vais te découper, tu ne joueras qu'un quart d'heure !" Il riait. Huit jours plus tard, il n'a pas joué un quart d'heure mais dix minutes : sur un ballon en profondeur qui lui était destiné, je me suis lancé comme un fou pour lui rentrer dedans dans l'épaule. Au lieu de tomber simplement, Sarra fut propulsé, volant littéralement vers la piste qui entourait la pelouse et tombant lourdement sur la lice métallique située en bordure.

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Le derby se chérit, a besoin de petites phrases et de grandes vacheries. Entraîneur de Lyon, j'avais déclaré un jour : "A l'endroit comme à l'envers, les Verts me donnent des boutons." Ce type de propos nourrit le mythe, la flamme, participe à l'entretien nécessaire du monument qu'est ce derby du Lyonnais. En concentrant le ressentiment des supporters stéphanois sur moi à travers une phrase de ce genre, j'ai agi en pompier beaucoup plus qu'en pyromane. J'en avais tellement fait tout au long de la semaine que le derby ressemblait à une pièce de théâtre et non à un affrontement guerrier traversé par la haine. Quand je n'ai rien dit la saison suivante, les incidents entre supporters se sont multipliés.

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Ce derby fait partie de mon ADN. Du reste, lorsque je suis allé à Geoffroy-Guichard avec l'équipe de France, en juin 2009, j'avoue avoir cédé à la facilité d'une petite provocation. La veille du match, je me suis placé au pied de la tribune où les supporters stéphanois me sifflaient et entonnaient des slogans hostiles. Bombant le torse comme autrefois, j'étais heureux de continuer à jouer ma part dans ce derby d'anthologie. Je revois encore le sourire barrant le visage de Thierry Henry quand il me vit et s'adressa à moi : "Bravo coach !". Je me retrouvais en effet exactement au coeur de ce jeu immuable : ils me sifflaient, je les provoquais. Le monde tournait rond."