Galette pour le meilleur et pour le pire
Dans la Pravda d'hier, Christophe Galtier a évoqué le meilleur et le pire de son expérience d'entraîneur, en comptétition comme en dehors.
Le meilleur moment dans le travail
"Les séances d'entraînement. Le match, on ne le prépare pas la veille, mais dès la première séance. Le plus agréable, c'est d'être tous les jours sur le terrain. Tout ce que je présente, ça a une forte relation avec le match. La moindre recherche d'association, le moindre placement, la moindre forme jouée, sur la largeur, sur la profondeur, sur la densité, ça a trait au match. Je n'explique pas toujours tout aux joueurs. Je sais où je vais aller, mais je fais en sorte que les joueurs déduisent ce que je recherche dans le travail que l'on fait."
Le match le plus abouti
"Notre victoire à Paris la saison dernière. Il y avait un plan de jeu précis, qui a fonctionné parce que j'avais des joueurs intelligents pour jouer contre ce Paris-là et oser faire ce qu'on a fait. Sur le plan du management, il avait fallu dire à Aubame qu'il n'allait pas démarrer, pour des raisons médicales. Je savais combien de places il avait achetées pour ses proches. J'avais prévu de le faire entrer assez tôt en seconde période, ça a payé."
Le pire moment dans le travail
"Le moment du choix. On sanctionne alors que ce n'est pas une sanction. On sait qu'on fait un malheureux. Quand on a fait le choix, on est convaincu qu'on a fait le bon choix. Avant la finale de la Coupe de la Ligue, personne ne sait qui va jouer. Vers 16h30, quand j'annonce à Mouss qu'il ne joue pas, dès que j'entre dans sa chambre, je vais vers un homme qui va être malheureux. Quand je tape à la porte et qu'il ouvre, il sait. Je n'explique pas tout, ça ne dure pas longtemps. Quand je sors de la chambre, c'est douloureux pour moi parce que, d'une certaine manière, il ne le mérite pas. Par rapport aux entraîneurs que j'ai eus, qui n'avaient pas forcément besoin d'expliquer, je crois que c'est le moment où on se rend le plus compte que le management a changé. Je ne pouvais pas annoncer lors de la causerie qu'il ne jouerait pas. Ce moment le plus difficile, je me l'impose. Je ne suis plus devant un joueur mais devant un homme, qui va être meurtri. Les joueurs n'existent que quand ils jouent."
Le match raté
"Un 0-0 à Auxerre. Un match pathétique. Je suis fatigué. Je n'ai pas d'énergie. L'équipe non plus. Je ne suis pas bon à la mi-temps. Je fais une causerie que je ne sens pas du tout. Les joueurs le sentent. Je ne suis pas inspiré car j'ai d'autres problèmes en tête. Je dois faire court mais je n'ose pas. Je fais une causerie catastrophique. L'équipe est à l'image de ce que j'ai été dans la préparation du match. A la mi-temps, je n'accepte pas qu'on ne soit pas bons. Je m'énerve contre l'équipe mais je suis en colère contre moi. Je sais que des joueurs ont dit : "Le coach, aujourd'hui, il n'est pas bien. Alors on laisse passer." Cela, je l'ai su après. Et j'ai apprécié."