7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Francette se souvient

Fabienne Swiatly, poète, romancière, nouvelliste et essayiste, donne sur son site, la trace bleue,  dans le cadre d'un atelier d'écriture, la parole à Francette Varnier, coiffeuse en retraite, et fille d'Arsène Casy, un joueur de l'ASSE (1937-1947) bouillant et explosif. L'histoire dit de lui que les Parisiens avant d'affronter l'ASSE s'informaient de sa présence, tant ils le craignaient. Francette nous en apprend plus sur le monde du football dans ces années 30.
"J'ai passé tous les dimanches de mon enfance au stade. Voir jouer papa faisait partie de ma vie. C'était comme ça et à l'époque les joueurs de foot n'étaient pas des vedettes comme maintenant, même si certaines femmes lui tournaient autour. Ils nous arrivaient de loger l'un ou l'autre joueur pour dépanner, parfois même mon père prêtait un costume aux nouveaux venus. Quand mon père jouait à l'extérieur, on suivait le match à la radio. Toute la famille participait au nettoyage des tenues, je me souviens d'avoir frotté les lacets avec une vieille brosse à dent pour les faire revenir. Les chaussettes posaient beaucoup de problème, le vert avait tendance à déteindre. Parfois je ne regardais pas le match et je jouais dans les scories qui entouraient le terrain de jeu, j'étais pas bien propre après et je devais enfiler des gants pour cacher mes mains noires. Ma mère tenait un Casino comme toutes les femmes de joueur, le groupe finançait le club. Ensuite mon père est devenu entraineur de l'équipe de Saint-Chamond. J'aime toujours regarder les matchs mais je crains un peu l'ambiance dans les stades, tout est si différent maintenant."