7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Le musée fait pleurer

Image
 

Conservateur du musée de l'ASSE, hélas fermé depuis plusieurs mois à cause de la crise sanitaire, Philippe Gastal s'est confié au Parisien. Extraits.

"Mon premier match fut la finale de la Coupe de France, le 31 mai 1970 entre l'ASSE et Nantes (5-0) à Colombes. Devant moi, il y avait Bosquier, Keita, Jacquet, Revelli et cette tenue mythique avec le nom des joueurs sur le short. Ce fut comme un coup de foudre. J’ai commenté bénévolement les matchs du club pour réaliser des K7 vidéo vendues ensuite aux supporters. Notre record, c'est 1 200 ventes d'un match amical contre le grand AC Milan en 1995.

Au début des années 2000, j'ai eu l'idée d'un musée. Le président de l'époque, Alain Bompard, m'a donné son accord et on avait même pensé à un lieu à côté du stade. Mais le club est redescendu en Ligue 2 et le projet est resté longtemps en sommeil. Même si je tissais des liens avec plein d'anciens joueurs en parallèle.

J'ai connu des moments de bonheur comme lorsque Rachid Mekhloufi nous a offert ses chaussures de la finale de Coupe de France 1968 avec lesquelles il avait inscrit deux buts. Je me souviens aussi du jour où nous avons reçu le maillot que portait le capitaine stéphanois René Domingo lors de la finale de Coupe de France remportée en 1962. Il me l'avait promise depuis longtemps en disant qu'il l'offrirait le jour de l'inauguration du musée. Il est mort sept mois avant et c'est sa famille qui nous l'a apportée.

Une des pièces les plus notables du musée est la Mercedes d'Ivan Curkovic quand il jouait à l'ASSE et qu'il s'était offerte avec sa prime de qualification pour la finale européenne. Un jour, il m'appelle alors qu'il était en Serbie. Il me dit d'aller à Cannes où il possédait encore une résidence secondaire et me donne l'adresse d'un garage où était sa vieille Mercedes toujours en état de marche. Il en fait cadeau au musée. Sur le pare-brise, on projette des vidéos des Verts.

Les poteaux carrés, on savait qu'ils étaient conservés à l'Hampden Park de Glasgow. C'est encore Ivan Curkovic qui a été le déclic. Un jour il m'appelle et me dit qu'il est dans la surface de réparation où il a encaissé le seul but de la finale et qu'il vient d'apercevoir les fameux poteaux dans un local. "Philippe, il faut qu'on les mette au musée", me dit-il. Le club a déboursé 20 000 euros pour les avoir.

Je cherche un des maillots de la finale de 1975 avec le beau logo RTL. Le jour d'un but de légende de Jean-Michel Larqué. Mais je n'y arrive pas. Mais le principal, c'est l'âme de ce musée. Chacun y trouve un peu d'histoire personnelle ou revit la passion d'un être cher. Si vous saviez le nombre de gens que j'ai vu pleurer en sortant…"