6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Janot replonge dans ses vertes années

Entre deux séances de muscu (il a pris treize kilos de muscles depuis l'arrêt de sa carrière), Jérémie Janot a accepté de replonger dans ses vertes années pour la Pravda. Extraits.

"Le plus fort, c'était Pascal Feindouno. Il avait tout : la classe, l'endurance, la technique, la joie de vivre, le sens du but et de la passe. Après un match amical face au Barça, Frank Rijkaard a dit à Elie Baup : « On veut vous voir pour votre numéro 10 ». Il avait Ronaldinho mais il avait fantasmé sur Feindouno !

Les joueurs que j’ai perdus de vue et que j’aimerais revoir, c’est José Aloisio et Alex. Des fêlés. Et on était pas mal à Saint-Etienne avec Nouzaret, Patrick Guillou, Jérôme Alonzo et les deux Brésiliens. Ils m’ont régalé comme hommes et comme joueurs. Grâce à eux, le vestiaire a été mon école de la vie. Tu ne mouftais pas dans le boulot. Quand ils disaient « ramasse les ballons », non seulement tu les ramassais mais en plus tu les lavais.

Les plus marrants, c’étaient Christophe Landrin et Geoffrey Dernis. Ils étaient très complices et chambreurs. Le premier t’allumait et le second venait en rajouter une couche. On n’était  pas bons dans ces années-là, mais qu’est-ce qu’on se marrait !

Le plus méchant, c’était Tavlaridis. Les coups de coude qu’il mettait… C’était l’as du camouflage. Un jour, je l’ai vu en mettre un à un mec qui a aussitôt vu sa joue tripler de volume pendant que lui s’écroulait sur la pelouse, mimant une agression. Autant il était sympa dans la vie, autant il se transformait une fois dans le vestiaire.

La consigne d’entraîneur que je n’ai jamais comprise : « Les gars, dans le premier quart d’heure, le plus important ce sont les vingt premières minutes. » C’est du Robert Nouzaret tout craché. Il va vouloir m’en mettre une quand on va se recroiser.

L’entraîneur que je redoutais le plus, c’était Frédéric Antonetti. En plus d’être exigeant, il avait les yeux partout. Lors d’une séance, comme j’étais un peu fatigué, j’ai laissé passer deux ou trois frappes. Il l’a vu et il m’a mis une de ces chasses… Mais le lendemain c’était fini. Il n’y avait aucune rancœur chez lui.

Mon plus bel arrêt, c’était une manchette arrière de la main droite à Rennes, alors que je me trouvais à terre et que le ballon avait été contré aux abords de la surface. Danzé faisait déjà l’avion, pensant avoir marqué.

Le meilleur souvenir de ma carrière, c’est notre victoire contre Châteauroux, qui valide notre remontée et nous offre le titre de champion de L2. Le club avait débuté la saison interdit de recrutement, menacé de dépôt de bilan et on avait fini premier. Sportivement, ça a été ma meilleure saison.

Mon pire souvenir, c’est mon dernier match à Geoffroy-Guichard. Je me suis blessé à l’adducteur face à Rennes et j’ai dû sortir. Je ne savais pas alors que ce serait mon dernier. J’aurais aimé finir ce match.

Mon plus gros regret, c’est de ne pas avoir un coup franc comme Chilavert. J’ai joué contre lui un jour lors d’un Saint-Etienne-Strasbourg. J’ai cru que j’allais faire le tour du monde quand il s’est avancé pour tirer. Mais il l’a mis au-dessus et je lui ai gratté son maillot à la fin."