Debuchy marqué par Sainté

04/07/2023
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Mathieu Debuchy, qui a raccroché les crampons il y a un mois après son retour dans le Chaudron, revient sur sa longue et belle carrière dans la dernière de La Voix du Nord.

"C’est le bon moment pour moi de stopper ma carrière, ça a été bien réfléchi. Je termine à Saint-Étienne sur un match qui assure le maintien de Valenciennes. Quand il y a la haie d’honneur des deux équipes, je ne réalise pas car je suis dans une bulle. Mais je n’ai pas encore réalisé que c’est fini.

Je ne pensais pas faire une telle carrière et arriver à ce niveau-là. Comme d’autres joueurs, je n’étais pas programmé pour cela car ils avaient un talent incroyable. J’ai travaillé dur pour y arriver et ça me rend encore plus fier aujourd’hui. J’ai réussi à faire une grande carrière car je me suis battu.

En formation, j’ai croisé des joueurs beaucoup plus forts que moi. Même chez les jeunes, à 12 ou 13 ans. Je n’étais pas donné favori. Et puis j’ai eu un peu de réussite. Makoun part à la CAN, ça laisse la place à un jeune et ça passe bien pour moi. Je suis tombé sur le coach [Claude Puel, ndp2] qui n’hésitait pas à lancer des jeunes. Il y a plein de facteurs dans une carrière. J’ai croisé des jeunes plus talentueux que moi, mais qui n’ont mentalement pas réussi à faire plus pour basculer à un moment donné.

Le doublé en 2011 avec le LOSC, c’était assez incroyable. Cette année-là est folle. On était cachés mais on savait où on voulait aller. On savait qu’on était capable de gagner le titre. Ce sont des moments très forts. L’image où on lève la coupe de France au Stade de France est gravée en moi. Et on enchaîne avec le titre. C’est l’apothéose pour le club et pour moi aussi. C’est mon club et on lui redonne deux trophées en dix jours. À partir de décembre, on savait qu’il pouvait se passer un truc. Le coach [Rudi Garcia, ndp2] a été très bon. Dans le vestiaire il nous disait de ne parler de rien et on s’est dévoilés peu de temps avant la fin. Je pense au match où Rio Mavuba marque à Saint-Étienne. C’était beau à voir...

En 2018, je pensais être rappelé en équipe de France. C’est une énorme déception. J’ai été transféré à Saint-Étienne et je fais quatre mois avec une grosse deuxième partie de saison. Individuellement, c’est bon pour moi et je me dis que j’ai fait le maximum pour intégrer l’effectif. Et ça n’a pas suffi. Je suis réserviste. Quelques jours avant le premier match, je reçois un appel d’un membre du staff qui me dit d’activer ma préparation, de préparer mon packetage car je vais certainement être appelé.

Je m’active pendant deux jours. J’attends, j’attends, je n’ai pas d’appel. Et la veille du premier match, Didier Deschamps me passe un coup de téléphone pour me dire qu’il va garder le joueur blessé (Djibril Sidibé). Derrière, ils sont champions du monde et pour moi c’est un gros coup dur. J’ai fait le maximum pour intégrer le groupe, mais c’est encore une question de choix. J’ai regardé les matchs des Bleus car je suis resté supporter de l’équipe de France. Mais je ne vais pas mentir, ça m’a fait mal car je me suis dit que j’aurais pu faire partie de ce groupe.

Cet été-là, je n'ai pas pensé arrêter car ce n’est pas dans mon tempérament de lâcher. Quand la saison a repris, j’avais encore cela en tête et puis je suis reparti. Le deal avec Jean-Louis Gasset, c’était de faire les efforts pour que j’aille à cette Coupe du monde. Après, j’ai gagné un contrat de trois ans chez les Verts et une belle expérience. Saint-Etienne, on va dire que c’est un retour aux affaires. Je sors de la période d’Arsenal où je ne joue que les matchs de coupe ou d’Europa Ligue.

Contrairement à mon passage à Bordeaux où je n’étais pas prêt physiquement et donc pas performant, je ne voulais pas refaire la même erreur. Quand j’arrive à Saint-Étienne, je suis prêt. À l’entraînement à Arsenal, j’étais à fond car je savais que j’allais partir. Je commence par une victoire à Amiens avec un but et je suis sur l’action du deuxième but. Je suis de suite en confiance. Les fans m’ont bien accueilli et c’est un très bon retard.

Je voulais aller à cette Coupe du Monde et il fallait que je retrouve les terrains. Je ne serais pas allé n’importe où non plus. C’est bien tombé car Jean-Louis m’appelle. C’est quelqu’un qui m’a marqué. Je l’avais connu en tant qu’adjoint de Laurent Blanc, en sélection. Là je le vois dans un rôle différent, de numéro 1. Je vois sa vraie personnalité, quelqu’un d’attachant pour qui tu as envie de tout donner. Saint-Etienne, c'est un club qui m'a marqué. Il y a cette ferveur qui me rappelle l’Angleterre, des gens passionnés qui n’ont pas forcément beaucoup de moyens financiers mais qui sont là tous les week-ends. Il y a une âme dans ce club."

 

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