6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Un Ange passe sur France Culture (6)

Du 9 au 13 juin, entre 20h00 et 20h30, la radio France Culture diffusera dans "A voix nue" un long entretien de Dominique Rocheteau. L'Ange Vert revient longuement sur ses vertes années, comme l'atteste ce sixième extrait.

"J’ai arrêté de jouer au foot relativement jeune, à 34 ans, alors que j’aurais pu continuer. En revanche je continue à jouer au foot régulièrement, je joue encore à mon âge pour me faire plaisir, pour le jeu. Rien ne s’émousse de de côté-là. J’aime jouer avec mon fils par exemple. Le plus important est pour moi de faire des rencontres, je ne peux pas vivre dans le conflit, il faut que je trouve du plaisir. Je suis revenu depuis quatre ans à Saint-Etienne et j’y trouve beaucoup plus de plaisir parce que nous obtenons des résultats, il se passe quelque chose au niveau des personnes avec une grande confiance, une grande entente.

Depuis ces quatre ans passés à Saint-Etienne où je m’occupe du centre de formation, je côtoie tous les jeunes et les professionnels aussi. Ce sont souvent des mecs supers, nous essayons de faire les bons choix à Saint-Etienne dans le recrutement parce que l’état d’esprit est très important. Nous préférons prendre un bon joueur un peu moins fort avec un bon état d’esprit, qui va adopter l’esprit collectif et les valeurs du club. C’est aussi pour cela que les choses se passent bien et que j’ai une bonne relation avec les joueurs ici.

Dans un environnement footballistique qui est beaucoup plus un business qu’auparavant, on essaie d’inculquer à nos jeunes des valeurs, un esprit humaniste grâce aux éducateurs qu’ils côtoient, avec l’histoire du club que nous leur expliquons. Nous avons créé le Musée des Verts. Nous leur montrons des films de toutes les générations. L’éducation est très importante ici. Tout ce qui est autour est moins simple, c’est-à-dire le monde du business, les agents qui récupèrent des gamins dès leur plus jeune âge et pas toujours pour des bonnes raisons. Nous essayons de survivre au football de l’argent.

Il y a beaucoup d’argent dans le foot, je ne sais pas s’il y en a trop. Il y a beaucoup d’enjeux, ce qui tue souvent le plaisir. Je ne veux pas être trop critique non plus, je défendrai toujours mon sport. Je suis redevenu actif dans le football depuis que je suis à Saint-Étienne, je vois donc le foot différemment. Je n’avais jamais cherché à revenir dans un club, même si j’avais passé mes diplômes de manager. J’ai eu cette opportunité il y a quatre ans. Le seul club où je me voyais revenir était Saint-Etienne. J’aime le PSG, mais c’est d’abord Saint-Etienne.

Tous les jours j’essaie de de faire passer des messages, par rapport à l’expérience que j’ai vécue, plus aux jeunes joueurs qu’aux joueurs confirmés, professionnels. Avec les jeunes joueurs, on peut plus facilement faire passer des messages. En étant revenu ici à Saint-Etienne après toutes ces années, je suis plutôt assez positif et optimiste, parce que le football a évolué dans un certain sens, le foot business existe, mais il y a encore aussi des milliers de jeunes joueurs qui jouent tous les dimanches sur les stades, cela reste un sport populaire. Des gamins continuent à pratiquer ce jeu et à se faire plaisir. Cet aspect positif du foot me fait avancer."