Max n'a peur de rien
"Max n'a peur de rien. Il fait partie de ces joueurs qu'il te coûte de mettre en tribune. Max, c'est un soleil dans un vestiaire. Il a une joie de vivre et un état d'esprit irréprochable" déclare Galette dans la Pravda du jour. Auteur du but victorieux au match aller, Max Gradel se livre dans le quotidien sportif avant de disputer le match retour contre Montpellier cet après-midi dans le Chaudron. Extraits.
"Pour être footballeur, il faut être fort mentalement. Vous allez dire que je suis fou, mais si tu me mets au Real ou au Barça, je tire mon épingle du jeu. Parce que j'ai confiance en moi. Après m'être rompu les ligaments croisés du genou droit en mars 2013 lors d'un entraînement avec les Eléphants, je me suis battu pour rejouer. Je n'étais pas préparé à livrer un autre combat, retrouver ma place. J'ai vécu des jours sans fin et j'ai sombré dans les ténèbres.
Après mon ballon perdu près du poteau de corner qui a conduit au but de Briand dans le temps additionnel du derby aller, ma souffrance a vraiment commencé. J'ai lu plein de méchancetés sur moi sur les réseaux sociaux. Cet hiver, j'aurais pu signer à West Ham, cela aurait été facile pour moi de signer là-bas. Je n'étais plus le bienvenu à Saint-Etienne, où j'étais même devenu une cible dans le club. Mais je n'avais pas fini ce que j'avais débuté ici, en 2011. Et puis j'avais coché la date du derby retour... Deux jours avant, Romain Hamouma est venu me confier ce qu'il venait de dire à Galtier : "J'ai mal à un genou et c'est mieux que Max figure dans le groupe. il le mérite. Il ne joue pas et pourtant il se bat à l'entraînement." Cette reconnaissance d'un coéquipier m'a touché. Cela a été un déclic. Soudain j'étais en mission, je devais recréer une histoire.
Les gens ne pigent pas que ce qui est très dur, ce n'est pas de débuter, c'est d'entrer dans le match. Remplaçant à Gerland, j'étais déjà dans le jeu. Comme on évoluait en 3-5-2, j'étais sûr que si j'entrais, ce serait dans l'axe. Pour une fois, je ne me suis pas concentré sur les latéraux mais sur les centraux. J'ai alors remarqué que Koné et Gonalons lâchaient le marquage sur les centres. Quand j'ai reçu le ballon après avoir remplacé Erding, je ne suis pas parti percuter sur un côté. je l'ai donné à Cohade et je suis allé me placer dans l'axe. C'est donc tout sauf un hasard ou de la magie si le gardien a repoussé le centre sur mon pied gauche. Ce but a gommé tout le reste. Etre redevenu titulaire, c'est pour moi le minimum, un juste retour à la normale et la preuve que quand on y croit, on gagne toujours à la fin."