Il faudra se faire violence
01/05/2026

Gautier Larsonneur s'est exprimé hier en conférence de presse avant d'affronter Rodez demain soir à Paul-Lignon. Extraits.
"Maintenant je pense qu'on est là où on voulait être, même si on voulait être plus haut, bien évidemment. Il reste deux journées, on est au contact pour aller chercher cette montée. Il ne faut pas s'apitoyer sur ce qui s'est passé samedi dernier parce que c'est un énième affront cette saison. Bien sûr, il y en a eu beaucoup trop, mais on a la chance d'être encore en vie à un point du Mans. Donc maintenant à nous de faire le nécessaire pour rester en vie jusqu'à cette dernière journée où tout sera possible.
Si on n'est pas déterminé à aller chercher un résultat à Rodez, sachant que Le Mans reçoit Reims, c'est qu'on n'est pas fait pour jouer la montée ou jouer le haut niveau. Mais j'espère que tout le monde est à fond là-dessus. Je n'ai pas trop de doutes parce que la semaine, il y a eu beaucoup d'intensité. On en a rajouté un petit peu pour essayer aussi d'aller chercher un supplément d'âme dont on a besoin sur ces deux dernières journées.
Je pense qu'on a eu cette faculté toute la saison à se relever des différents affronts qui nous sont arrivés. On a eu beaucoup de bas dans la saison, beaucoup trop. Mais à chaque fois, on a vu qu'on a réussi à remonter, à revenir au contact des équipes de tête. On a eu des moments pas faciles. On a réussi aussi à se faire violence parce qu'il faut se faire violence quand c'est dur. J'espère qu'on va le faire ce week-end. Cette équipe est assez à réaction. J'espère qu'on arrivera encore à faire preuve de cette qualité ce week-end.
Ça fait trois ans et demi que je suis à Saint-Etienne. Ça fait presque trois ans que je suis capitaine. Moi, je n'aime pas spécialement m'épancher avec la presse. Mon rôle, c'est vraiment d'être dans le vestiaire. On est le premier à arriver à l'entraînement donc on bosse énormément. Les actes comptent. Aujourd'hui, j'ai plus de 300 matchs en professionnel à 29 ans. Il y a des choses qui sont factuelles. Je n'invente rien. Ça fait quatre coaches qui passent. Ça fait le troisième qui me laisse capitaine.
J'ai aussi certaines valeurs qui correspondent à l'identité du club. Parfois, bien évidemment, on aimerait faire plus, faire mieux. C'est des paroles, mais c'est aussi beaucoup d'actes. Je pense qu'aujourd'hui, l'un ne va pas sans l'autre. Tu ne peux pas parler si tu n'es pas crédible sur le terrain. Et inversement. Je pense que la performance permet d'avoir une crédibilité dans sa parole et l'expérience que tu as au fur et à mesure des années vécues, que ce soit à Saint-Etienne ou dans les autres clubs.
Avec les anciens, avec deux ou trois cadres du vestiaire, on n'a pas peur de hausser le ton, de parfois en venir aux mains. Parce que c'est important dans un vestiaire de dire les choses et d'essayer de faire avancer le groupe. Parce que je pense que ce qui doit primer, ce n'est pas la personne ou l'individualité, c'est notre rôle avec d'autres cadres, c'est de savoir comment l'équipe se portera mieux le week-end. Et s'il faut rentrer dans la gueule d'un gars ou lui dire ses vérités, on essaie de le faire.
Il y a plein de choses qui vont être importantes ces derniers matches. Déjà, il va falloir retrouver notre solidité défensive qui a fait notre force sur le début de la saison. Enfin, le début avec l'arrivée du coach sur les 9 des matchs où ça s'est plutôt bien passé. Là, on a un peu perdu ce fil conducteur-là. Et après, je pense qu'il va faire preuve de beaucoup de calme parce qu'il reste un peu plus de 180 minutes et il y a énormément de choses qui peuvent se passer. Il y a une semaine, on était dans un autre état de vie puisqu'on avait notre destin entre nos mains.
Dans 72 heures, on ne sait pas où on sera. L'important, c'est comment on gagne à Rodez pour mettre la pression sur Le Mans et voir comment eux peuvent répondre à ça. Mais il faut rester concentrés sur nous-mêmes parce que je pense que si on renoue avec les qualités qu'on a mises durant 9 matchs, on peut avoir des bonnes surprises sur ces deux dernières journées. Et sincèrement, c'est tout ce qu'on nous souhaite et c'est tout ce que je souhaite à l'équipe parce qu'on a vécu une saison qui a été assez longue et pas facile. Mais maintenant, s'il faudra batailler plus que 180 minutes, il n'y a aucun souci, on ira batailler.
Ces deux défaites après neuf matches d’invincibilité dont sept victoires, ce n'est pas facile à expliquer parce que, si je ne me trompe pas, en début de saison, avec le coach Horneland, au bout de cinq journées, on était dans les premiers, tout allait bien. Ensuite, on a baissé le pied. C'est difficile à expliquer. On manque de consistance et de régularité. On a beaucoup de choses qui se passent, des blessés, on n'a pas de continuité dans l'équipe. C'est peut-être ça aussi qui nous manque.
Mais aujourd'hui, on est là, on est troisième. On a manqué de régularité. Si on avait eu cette régularité, je pense qu'aujourd'hui, le discours ne serait pas le même. Le match contre Rodez serait peut-être bien moins important. Mais aujourd'hui, on est là où on est. C’est à nous de nous faire violence dans cette situation-là pour remettre le club où il mérite d'être. Il y a deux ans, on a raté le coche trois fois. Rodez, Guingamp, QRM. On s'est remis la tête à l'endroit, on a battu Rodez et on a battu Metz. Donc, s'il faut batailler plus, on ira batailler plus. L'effectif se concentre déjà sur Rodez et on verra plus loin. S'il y a besoin d'y aller, on ira.
Il y a deux ans, quand je jouais les play-offs, sincèrement, je les jouais à 60 %. La vérité, c'est ça. Je les joue parce que je vais à la rupture. Parce qu'à l'instant T, on a pris la décision avec le docteur et les kinés de l'époque de prendre ce risque-là. Et j'y suis allé en pleine position de moyens. Contre Nancy, c'était un peu juste. Donc, on a pris une décision avec le coach et avec Brice que c'était la meilleure situation de laisser Brice sur ce match-là. Mais j'étais déjà très proche d'un retour parce que j'ai énormément bossé.
J'ai beaucoup de défauts, mais il y a un truc qu'on ne pourra pas m'enlever, c'est le travail. Et sur mes quatre semaines de rééducation, j'ai pris un jour de repos. Donc, je voulais revenir vite pour aider l'équipe. Et je pensais avec le coach, on a pensé de manière intelligente que Brice était plus à même d'être performant contre Nancy et moi de revenir contre Dunkerque à 100 %. C'est ce qui a été fait. Le match de Dunkerque s'est très bien passé. Malheureusement, il y a deux contre-performances.
Mais en aucun cas, ceux-là, je vous vois venir bien évidemment, ne peuvent être liés à mon retour de blessure ou autre. Je me sens très bien. Les docteurs voient qu'il y a une évolution qui est très bonne d'un point de vue image et d'un point de vue sensation. Donc, écoutez, aujourd'hui, je suis à 100 % et je suis à fond pour le match de ce week-end. Et j'espère qu'on va redresser la barre pour aller chercher ce que le club mérite."
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