L'un des plus beaux moments de sa vie

15/12/2023
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Dans Dessous de Verts, Lilian Compan se remémore ses années de joueur à l'ASSE. C'était l'époque où les joueurs étaient vraiment Verts et fiers. L'époque où le club ne balançait pas un match de Coupe quand il jouait la montée... Extraits.

"Saint-Etienne, ça a été vraiment ma volonté. Beaucoup de proches, même mon agent, m’avaient déconseillé de venir à Sainté car les Verts, à ce moment-là, c’était pas ça du tout ! Deux éléments ont joué. Pierre Repellini est un Hyérois comme moi. Quand j’étais tout jeune, il nous a amenés deux ou trois ans jouer contre Saint-Etienne et voir un match de Saint-Etienne à Geoffroy-Guichard. Moi ça m’a marqué. A l’époque j’étais jeune, j’étais forcément fan de l’OM car j’habitais à côté de Marseille. Mais Saint-Etienne m’a marqué, c’était la première étape d’aimer ce club. La deuxième, ce qui m’a vraiment motivé à venir à Sainté, c’est Frédéric Antonetti. Fred, il ne parle pas beaucoup. Par contre quand il parle, il va droit au but. Je voulais travailler avec cette personne-là. Sur le terrain, j’étais quelqu’un qui ne lâchait rien. J’étais un buteur qui pesait sur les défenses, qui les agressait. Ça reflétait parfaitement l’état d’esprit de Fred à ce moment-là.

Je me souviens d’un match en février contre Gueugnon. Je me bloque le dos le midi du match, je n’ai pas pu jouer. Il neigeait avec des flocons de trois centimètres à Geoffroy-Guichard. On perd 3-0, on est derniers de Ligue 2. Pendant un mois, je n’ai jamais vécu ça dans ma carrière – pourtant je suis quelqu’un d’apprécie à Saint-Etienne – je ne pouvais plus vivre, même aller faire des courses. Voir mes enfants revenir à la maison en pleurs parce que je me faisais insulter à l’école. « Ton père, il est nul. » Pour moi qui suis très famille, ça a été un moment vraiment pas agréable. Je pense qu’on tous vécu ça, certains encore plus mal que moi. A un moment on se dit : « Pourquoi on se bouge le cul ? Ouais, on n’est pas bon mais on se fait défoncer. » Fred était là pour nous aider. Ça a été un entraîneur mais aussi un père pour nous aiguiller.

Fred est pour beaucoup dans la montée. Il a su garder les cadres comme Jérémie, Vincent, Julien, moi. Sa colonne vertébrale, c’était nous. Il a su bonifier certains joueurs qui étaient un peu dans l’anonymat sytle Hellebuyck. Il a recruté de très bons joueurs qui n’étaient pas connu comme Ilunga. Il a fait éclore Nico Marin. Fred a été très, très bon avec son compère Villanova. Ils ont été très bons dans le recrutement. Comme on avait un socle très solide en termes de caractère en en termes d’homme, c’est là qu’est né un groupe et c’est pour ça je pense qu’on est allé au bout.

Il y a deux matches qui sortent du lot. Une victoire et une défaite. La demi-finale contre Sochaux, j’ai vécu peut-être l’un des plus beaux moments de ma vie. Même si on a perdu. Cette ambiance dans un stade historique… On a tout donné. Quand je dis tout donné, c’était même pas capable de faire deux mètres de plus. Anéantis. Moi j’ai perdu trois demi-finales de Coupe de la Ligue, je n’ai jamais connu le Stade de France. J’aurais tellement voulu le connaître tout vert… Bon, ils l’ont connu plus tard, ils l’ont gagnée, c’est génial mais j’aurais bien voulu faire partie de ces joueurs-là.

Et surtout, même si on montait, on voulait écrire une ligne sur le palmarès de l’ASSE. Tous dans ce groupe. Ce titre de champions de Ligue, ça a été notre récompense. On est très fiers de faire partie du palmarès de Saint-Etienne. Ce titre obtenu au terme d’un match fou avec ce but de Damien contre Châteauroux a créé des liens entre nous, forcément. Comme les joueurs de 1976. J’ai joué avec les anciens Verts à Lens et à Toulon, j’ai vu Damien. Il fait partie de cette équipe. On savait tous très bien qu’en remontant en L1, Sainté allait redevenir un gros club et que ça allait changer beaucoup nos carrières. Mais on se devait de le faire. Des joueurs peuvent se dire : « Je vais monter mais on va me dégager ». Parfois il y a  des équipes qui ne montent pas à cause de ça. Là, non. Tout le monde savait que ça pouvait se passer mais on voulait vivre ça. On a joué le jeu au maximum."

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