Bafé avait les doigts gelés

Dans la dernière édition de La Provence, l'éducateur toulonnais Claude Rapisarda se remémore les débuts difficiles de Bafé Gomis à Sainté.
"Il jouait dans un petit club, l'USTT, et nous, nous avions le fils d'un pro brésilien de Toulon, qui avait marqué cinq buts. Bafé en avait mis autant, nous avions fait 5-5. Je suis allé regarder son adresse sur sa licence et le lendemain, j'allais discuter avec ses parents. Je leur ai promis de m'en occuper, j'allais le chercher chez eux, à la Beaucaire, je l'emmenais à l'entraînement, je le ramenais, je l'ai gardé jusqu'en 13 ans Ligue. C'était un garçon adorable, gentil timide, poli. Aujourd'hui, il a appris à très bien s'exprimer, mais il est resté le même gentil garçon.
Son père me disait que Bafé voulait rentrer, qu'il avait les doigts gelés à Saint-Etienne. Le soleil, la chaleur lui manquaient. Je lui ai dit qu'il pouvait revenir mais qu'il serait maçon comme son père, jamais professionnel. Il s'est donc accroché, ce que d'autres n'ont pas su faire. Je l'ai suivi à l'Étrat, avec le directeur du centre de formation stéphanois, avec Frédéric Antonetti, qui lui a fait signer son premier contrat pro, avec Élie Baup, Laurent Roussey, puis à Lyon où Bernard Lacombe l'a pris sous son aile."