Les Manceaux ont le vent dans le dos

07/04/2026
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"Les Manceaux ont le vent dans le dos, il faut qu’ils en profitent parce que c’est grâce à ça que parfois on fait des exploits et ils sont capables de le faire. Après, c’est vrai qu’il y a deux grosses équipes devant aussi, mais sur ce que je vois, ils sont capables de terminer dans les deux premiers" a déclaré hier soir en conférence de presse l'entraîneur palois Thierry Debès, écrasé 4-0 dans stade Marie-Marvingt bien moins garni que lors de la venue des Verts.

A 5 journées de la fin, les surprenants promus manceaux semblent le seul club encore en mesure de contrarier Sainté dans son objectif de remontée directe. Les Sarthois n'ont qu'un petit point de retard sur des Stéphanois qui ont pourtant un budget et une valeur d'effectif 6 à 7 fois supérieurs. Le joueur le mieux valorisé des Manceaux est selon Transfermarkt Lucas Calodat (1,5 M€), un joueur que l'ASSE n'a pas souhaité conserver en il y a 3 ans.

Le bon parcours du Mans est notamment à mettre au crédit de son entraîneur Patrick Videira, qui s'est longuement confié à So Foot avant d'écraser les Palois. Extraits.

"On a beau être un petit promu, une équipe qui arrive en Ligue 2, chaque week-end, je répète aux joueurs qu’on a besoin de gagner des matchs. Je suis tellement fou dans ma tête que même quand on a joué le PSG en Coupe de France la saison dernière, on y est allés pour gagner. Ce n’est pas un manque d’humilité, car je répète aux joueurs de toujours se remettre en question, de ne jamais se prendre pour d’autres, mais c’est de l’ambition. Tous les jours, c’est ce qui doit nous animer : progresser, gagner, avancer. Rien n'est impossible Rien. Quand on va jouer à Saint-Étienne, qui a un budget  X fois supérieur à celui du Mans, un effectif qui, si on prend individualité par individualité, est meilleur, on y va pour imposer des choses, gagner. Et quand cette ambition est portée par des garçons avec un esprit incroyable, je pense que tu es plus proche de la victoire qu’en voulant jouer petits bras.

J'étais pareil à Furiani. Quand on est montés en N2, j’ai dit à mon président qu’il fallait qu’on joue la montée en N1. Il m’a dit que j’étais fou, mais j’estime que la meilleure des choses à faire, si tu ne veux pas descendre, est de jouer la montée. Finalement, on a terminé 4es en 2022-2023 et 3es en 2023-2024. Je refuse les barrières. On s’est dit, cette saison, que 95% de cet effectif n’avait jamais joué en Ligue 2, mais ces garçons ne méritent pas d’y jouer ? Souvent, on va chercher de l’expérience après une montée, mais si les garçons avec qui on a réussi à monter n’ont jamais leur chance, comment va-t-on savoir qu’ils n’ont pas le niveau pour la Ligue 2 ?

Il y a une image qui m’a marqué. Quand j’étais à Istres, le club est monté de R2 en R1 et de R1 en N3. Au moment de la N3, un tout nouveau président est arrivé et le jour de la montée, il m’a viré en me disant : "Coach, vous n’avez pas le niveau de la N3." Mais comment on pouvait le savoir car je n’y avais jamais coaché ? Avant ça, je n’avais jamais coaché en R2, ni en R1, c’était la même histoire et ça ne nous a pas empêchés de monter. Avant la saison dernière, je n’avais jamais coaché en N1. Et avant cette saison, je n’avais jamais coaché en Ligue 2. On m’a fait confiance à Furiani et au Mans alors qu’on aurait pu douter de ma non-expérience. Pourquoi ça ne serait pas la même chose pour mes joueurs ? Pourquoi Alexandre Lauray et Antoine Rabillard n’ont jamais eu durablement cette chance ? Parce qu’ils ont été mis dans une case, mais le rectangle vert a partout la même dimension.

C’est ma vision des choses, elle vaut ce qu’elle vaut, mais lors de la montée, j’ai dit au président que je voulais faire confiance à l’ossature qui nous aura permis de monter en Ligue 2. Si on monte en L1, j'aurai la même vision et je tiendrai le même discours : 95% de cet effectif n’a jamais joué en Ligue 1. On en a d’ailleurs déjà parlé avec les joueurs. Je leur ai demandé qui a un jour joué en Ligue 1. Un m’a répondu qu’il avait joué deux matchs et je lui ai dit qu’il n’avait donc jamais joué en Ligue 1. Et moi, je n’ai jamais coaché en Ligue 1. Mais le truc, c’est qu’on ne peut pas savoir si quelqu’un a le niveau tant qu’on ne l’a pas vu au niveau en question. Après, au fil des étapes, on veut te faire changer, modifier des choses… Des choses sur l’image que tu dois renvoyer, par exemple. Jean Vercruysse s’est rompu les ligaments croisés avant le match à Saint-Étienne et j’ai été sur le plateau de beIN avec son maillot. On m’a dit que c’était moyen, mais moi, je voulais donner le soutien à mon joueur. Je suis resté moi-même, je le resterai. Et honnêtement, je prends un tel plaisir…

Je ne coupe jamais. C’est dur et ça ne fait pas partie de ma mentalité. Au BEPF, on en a parlé et j’écoute mon tuteur, Jacky Bonnevay, qui tente de me faire comprendre que si je veux durer dans le temps, il faudra que j’apprenne à déléguer beaucoup plus, mais ce n’est pas si simple. J’essaie de prendre du temps pour courir deux, trois par semaine, le matin du match notamment, mais même là, je pense aux joueurs, au match à venir… C’est une drogue. Le foot, c’est vraiment ça. C’est un plaisir, mais un plaisir hyper intense. Je n’ai pas de vice. Je n’ai jamais fumé de ma vie. Je n’ai jamais bu une goutte d’alcool, même à mon mariage. Mais mon vice, c’est le foot.

J’aime regarder du foot, partout. Même ici, il m’arrive de me balader. Je suis allé voir l’AS Le Mans Villaret, je vais voir les U12, les U15, les U17… J’en ai besoin. Concernant mon club, j’ai besoin de connaître tous les gamins. Je pense aussi que c’est important que j’y sois, que l’on voit que je reste connecté à tous les niveaux. C’est quelque chose que je ne peux pas changer. On m’a dit que j’allais sûrement devoir changer en arrivant dans le monde pro, mais je n’ai pas envie de changer. C’est pareil avec mes joueurs : ils savent que je peux être super exigeant, mais si l’un d’entre eux a un souci à 5h du matin, il sait aussi que je vais être là. Mon club doit toujours être une famille."

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