Le Tallec ne perd pas le Nord
Elu "Valenciennois de l'année 2014" par La Voix du Nord, l'ancien attaquant stéphanois Anthony Le Tallec (30 ans) s'est longuement confié au quotidien. Extraits.
"J'ai besoin de confiance pour donner le meilleur. Je suis un affectif. C’est malheureux à dire mais c’est sans doute pour ça qu’il y a des bas et des hauts dans ma carrière. Le coach ne me lâche pas. Tous les jours, il me répète que mon attitude est importante, que tout le monde me regarde, que je suis l’exemple. J’en attrape mal à la tête, il me saoule… Mais à force, ça rentre, c’est là. Et je donne tout. Avec Casoni, c’est comme ça. On se rentre dedans mais avec beaucoup de respect. Il a du caractère et j’aime ça.
Je fais quand même une belle carrière. Elle aurait pu être meilleure, c’est certain, je le sais. Mais je réalise mon rêve, je suis pro, je vis bien. J’ai joué en Angleterre, la coupe d’Europe. C’est vrai que je suis ambitieux de nature et qu’à un moment donné, j’aurais aimé toucher l’équipe de France A. J’ai été présélectionné trois fois. Au Mans, à Auxerre avec Laurent Blanc. À VA on en a parlé un peu quand j’ai fait mon super début de saison. Ce n’est pas passé si loin. Je suis pro depuis seize ans et j’avais du potentiel, je le sais, on me l’a dit. J’aurais pu et aimé aller voir au plus haut niveau.
Remonter en L1 avec VA ce serait un vrai kif après tout ce qui s’est passé. Je ne cache pas non plus que l’étranger me tente encore. Surtout l’Angleterre. Une bonne D2 anglaise, ça me plairait. L’Angleterre, c’est un tout, une ambiance. Je connais et je me dis que je suis fait pour ce foot-là. Dans les vestiaires, il y avait de la musique, des mars, des kit-kat, c’était n’importe quoi, aucune pression. Mais dès le coup d’envoi, c’était parti. La bataille, à fond ! En France on se prend la tête à décortiquer l’adversaire. Là-bas, pas de ça. Il faut gagner tes duels. Les supporters aiment ça. Ils aiment les joueurs, ils applaudissent le pressing. Alors qu'ici, on aime surtout ceux qui marquent. Mais c’est la mentalité française.
J’ai un business au Havre, un Soccer Five. J’adore. J’ai trois terrains et je voudrais agrandir. Ça marche vraiment bien, on refuse du monde. J’ai embauché mes amis d’enfance. Deux étaient avec moi au centre de formation et n’ont pas percé. C’est très important de garder ses amis. J’aime avoir leurs avis. La famille et les amis, c’est tout ce qui compte, j’ai besoin d’être entouré. Et en avançant dans la carrière, je sais sur qui je peux compter. Avant j’étais enfermé dans ma bulle, déçu par le monde pro, les requins, les critiques. Maintenant je sais gérer l’environnement. C’est dommage qu’au centre de formation, on n’apprenne pas tout ça. La communication, l’argent, les médias, les caméras, tes nouveaux amis… ça tombe d’un coup sur toi, ce n’est pas évident."