C'est comme choisir entre sa mère et son père

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Formé à l'ASSE, le 4ème meilleur buteur français de tous les temps (356 buts en 797 matches) et néo-retraité Bafé Gomis (39 ans) se confie dans la dernière édition de la Pravda. Extraits.

"Dernièrement, j'ai distribué 500 repas que je finance depuis 5 ans, tous les lundis de décembre, à Saint-Étienne. C'est une initiative que j'ai prise avec ma maman stéphanoise, Chantal, et un ami restaurateur, Abdellah, qui dirige "Le Canopy". Je me suis demandé comment rendre à Saint-Étienne. L'entraide et la solidarité sont des valeurs de cette ville. On veut réchauffer les coeurs au moment de Noël avec ces repas bistronomiques qu'on distribue à travers onze associations comme la Croix Rouge ou les Petits Frères des Pauvres.

Saint-Etienne, j'y suis arrivé à 14 ans, jusqu'à 24. C'est là-bas que je me suis construit. Cette ville et le club font partie de mon histoire. L'ASSE et Roland Romeyer m'ont offert mon premier voyage au Sénégal à 16 ans. Mes parents avaient 10 enfants et pas les moyens. C'est grâce à la fille de Roland, Cécile, qui est cardiologue, que mon père a pu être greffé. Je n'oublierai jamais. Si je suis plus Saint-Étienne ou Lyon, où j'ai aussi joué 5 ans  ? C'est comme choisir entre sa mère et son père ! J'ai passé 15 ans de ma vie entre les deux. Je vais maintenant m'installer à Lyon. C'est une ville internationale pour un retour au bercail.

L'exploit qui m'a le plus marqué dans ma carrière ? Mon premier but en L1 avec Saint-Étienne à Strasbourg. Il m'a montré que mon travail payait, que c'était possible avec les sacrifices. Le premier te lance, te met en confiance. Après, j'ai le regret d'avoir vraiment compris, plus tard, trop tard, qu'il fallait aussi mettre un cadre autour de toi. Mais il fallait que jeunesse se fasse ! L'OM a été un déclic pour ça. A Marseille, on m'a donné d'autres responsabilités et le brassard. Un attaquant a besoin de cette confiance, de se sentir important, aimé et au centre du projet. La relation d'un attaquant-buteur avec son entraîneur, son président et les supporters doit être différente d'un autre joueur. J'ai eu tout ça à Marseille.

Je veux rester dans le foot mais pas comme entraîneur. J'aimerais être dirigeant dans un club qui a une vision, ou dans des instances. J'ai eu la chance de voyager, d'avoir une autonomie financière et de me faire des contacts. Je veux me sentir utile pour pouvoir transmettre, accompagner et apporter ma vision du foot. J'ai des projets aussi en Afrique. Mes agents ont avancé sur le rachat puis le développement d'un club (Étoile Lusitana au Sénégal) et sur la création d'un orphelinat. L'Afrique est un continent qui a une grande croissance sportive, comme dans beaucoup d'autres secteurs. Je fais travailler du monde là-bas."

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