7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

C'est Sly, oui !

Avant la victoire des Verts contre Monaco, l'ancien joueur de ces deux clubs Sylvain Monsoreau a accordé un entretien à So Foot. Extraits.

"Louis-II c’est un beau stade à jouer, c’est la Principauté, c’est une architecture originale. Sainté, c’est vrai que c’est différent avec un public fervent et une histoire, évidemment. Passer de l’un à l’autre, ça change un peu. Jouer dans le Chaudron, c’est exceptionnel. En plus, le stade va devenir encore plus beau avec les rénovations à venir (...) Avoir 35.000 personnes derrière toi, c’est bien quand tu gagnes, mais quand tu perds, c’est autre chose. Je me souviens d’un lendemain de défaite 3-0 à Marseille, une cinquantaine de supporters était arrivée cagoulée pendant le décrassage, c’est le genre de chose qui te fait réfléchir aussi.

 À Sainté, j’ai longtemps regretté le départ de Pascal Feindouno parce que quand j’ai signé là-bas, je pensais vraiment avoir la chance de jouer avec lui. J’ai bien aimé Laurent Roussey à Saint-Etienne (...)  Avec Sainté, j’ai eu des périodes difficiles où on finit deux années de suite 17ème. Et vivre dans un club avec une grosse ferveur avec des résultats pareils, c’est une vraie expérience (...) Je n’ai pas eu de vraies difficultés d’adaptation, les Stéphanois sont des gens sympas. Sainté, c'est plus familial que Monaco. Tout le monde est gentil, tout le monde se connaît, tout est tourné autour du club, c’est un esprit différent, c’est un village, Saint-Étienne.

Il y a eu un choix de mettre à l’écart certains joueurs et j’en faisais partie. C’était en rapport aux salaires. Il y a une procédure en cours avec l'A.S. Saint-Étienne à ce sujet. C’est dommageable, je n’ai pas joué pendant un an, mais voilà, c’est comme ça. Dans ce genre de litige, on ne sait jamais trop, mais en gros, ils avaient établi un nouveau plafond de salaires, et les nôtres ne rentraient pas dans le plafond donc il fallait partir. Le problème, c’est qu’on n'est pas partis parce qu’on n’a pas trouvé de clubs et qu’on est restés toute la saison sans jouer. On s’entrainait avec la réserve, il n’y avait plus de communication avec Christophe Galtier.
 
Forcément, ça fait mal. Je pense avoir tout au long de ma carrière respecté mon travail, le football et les gens qui ont été mes coéquipiers, mes entraîneurs et mes présidents, donc on ne s’attend pas à vivre des choses pareilles. Quand on aime le foot et qu’on n’a pas la possibilité de jouer, c’est frustrant et ça fait du mal. Mais ça dit aussi beaucoup de choses sur les gens et sur le milieu en lui-même. Maintenant, je ne veux pas en faire une généralité. J’ai tiré un trait là-dessus, la justice fait son travail et on verra bien. Je suis toujours basé à côté de Saint-Étienne et comme je ne joue pas, j’en profite un peu plus pour découvrir la région et puis j’ai pas mal d’amis dans le coin. A Sainté, il pleut et il fait froid mais la chaleur humaine compense.
Je garde en mémoire les matchs de Coupe d'Europe, le Werder Brême, Copenhague... Mais le vrai souvenir marquant, c’est le 100e derby gagné en 2010 après un début de saison canon où on est en tête du championnat avec un Dimitri Payet au top qui nous marque but sur but. C’était une situation pas vue depuis des années et là, on va battre Lyon à Lyon sur un coup franc de Dimitri dans un match où on est dominés, mais où on a saisi l’opportunité. Les supporters étaient fiers, on avait gagné à Lyon, ce qui n’avait plus été fait depuis 1994 je crois, c’était exceptionnel. Et puis moi qui revenais à Lyon et de gagner le derby avec Sainté, c’était beau. J’ai connu les deux derbys, j’ai gagné les deux derbys, c’est une bonne chose pour moi."