7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Rocheteau se sent plus vert que parigot

Dans la dernière édition du Parisien, l'Ange Vert compare l'ASSE au QSG. Extraits.

"J’ai passé huit saisons à Saint-Etienne et sept à Paris. L’ASSE, c’est là où j’ai démarré et où j’ai connu de grandes saisons en 1975 et 1976, avec notamment la finale de la Coupe des clubs champions. Avec Paris, j’ai plus de souvenirs en championnat et en coupe, avec notamment des grandes finales au Parc des Princes. C’est impossible pour moi d’avoir une préférence entre ces deux périodes de ma carrière. 

Le Parc des Princes est un très beau stade. Au niveau de l’architecture, je le préfère. Notre nouveau stade me plaît beaucoup. Ça faisait longtemps qu’on l’attendait. Et le musée qui va ouvrir en décembre est la cerise sur le gâteau. 


Il n’y aura jamais la même ambiance à Paris qu’à Saint-Etienne. L’ambiance, c’est Geoffroy-Guichard. Ce public est fabuleux. A Paris, j’ai connu un public supporteur, mais les gens venaient voir un spectacle. Dans le Chaudron, l’assistance nous a aidés à gagner des matchs et à nous surpasser. Hors du stade, c’est pareil. Avec le PSG, j’ai parfois souffert de l’anti-parisianisme quand on allait en province. Alors qu’avec Saint-Etienne, on était presque chez nous partout.

Le PSG est un jeune club. Quand je suis arrivé, il restait beaucoup de choses à faire. Ensuite, il y a eu des coupures nettes, avec l’arrivée de Canal + puis celle des Qatariens. Le passé est moins important que chez les Verts. Je compare Saint-Etienne à certains grands clubs anglais, avec une histoire, de grands joueurs, de grands entraîneurs, de grands présidents. Et je suis allé à Madrid récemment. Quand tu arrives, tu ressens le poids du passé. Saint-Etienne se rapproche de ça. 

Je suis plus souvent à Saint-Etienne qu’à Paris. Toute ma famille est à Compiègne. Je me sens bien à Paris dont j’aime l’architecture. Mais ce qui m’importe le plus, ce sont les habitants. C’est sur ce plan que je préfère Saint-Etienne. Les gens sont sympas, conviviaux. Et leurs valeurs se répercutent sur l’équipe. Il y a un dépassement de soi qu’il n’y a pas à Paris.

Je ne critique pas le projet qatarien. Bien sûr, ça dépasse les limites de l’entendement, mais je vois tout ce que ça peut apporter au football français. Les droits TV, l’image internationale. Un match comme celui de ce dimanche va être vu par beaucoup plus de monde que si Paris n’était pas ce qu’il est actuellement. Le projet stéphanois est à l’image de la ville et de ses valeurs. Je me sens plus à l’aise dans un projet de ce type, ça, c’est sûr. Ça correspond davantage à ma façon de voir les choses."