Zanon ne peut plus voir la L1 en peinture
Ancien joueur des Verts (de 1977 à 1984) puis de l'OM (de 1984 à 1987), Jean-Louis Zanon (54 ans) s'est confié à La Provence. Extraits.
"Je vis à Saint-Etienne, ma région d'adoption, je m'y sens bien. Je souhaitais me fixer, j'en avais marre de déménager. A la fin de ma carrière d'entraîneur-joueur, à Gap, puis à Annonay, mon ex-beau père m'a proposé de reprendre l'usine familiale de textile près de Sainté. J'ai fait ma formation de reprise d'entreprise à la Chambre de commerce de Saint-Etienne, puis travaillé six ans dans l'usine. Mais j'ai divorcé et ma belle-famille n'a pas souhaité me conserver, ce qui est normal. J'avais envie d'entrer dans un centre de formation, notamment celui de l'ASSE, j'ai donc passé tous mes diplômes mais je n'ai jamais pu y entrer.
Un copain m'a demandé de lui refaire son cabinet d'assurances et avait besoin de factures, je me suis donc inscrit comme entrepreneur. Ça fait douze ans que je suis dans le bâtiment. Peinture, placo, décoration, carrelage, faïence, je fais tout, de la démolition à la finition et je sous-traite plomberie et électricité, assujetties à des assurances spécifiques. Je dirige l'entreprise et je mets la main à la pâte. J'ai toujours aimé ça, suivi une formation, poursuivie sur le tas, mais ce n'est pas de famille, mes parents étaient paysans près de Montauban. Je regrette un peu de travailler, quand on voit ce que gagnent les joueurs aujourd'hui.
J'ai bien vécu ma carrière de joueur. J'ai passé trois superbes années très agitées à Marseille mais j'ai pris du plaisir, même dans la difficulté. J'ai beaucoup appris sur le plan du football et sur le plan humain. J'avais connu la fin de la période Rocher à Saint-Etienne, douloureuse. Mais à Marseille, avec la mort de Jean Carrieu, ce fut pire. J'ai le souvenir de partenaires de grande envergure - Platini et Rep à l'ASSE, Giresse et Förster à l'OM - des amitiés avec Zénier, Flak, des rencontres, avec Pape Diouf, Jean-Pierre Bernès, mon ancien voisin...
Je ne suis plus du tout le foot, ça ne m'intéresse plus. Je regarde les résultats mais avec ma nouvelle épouse, nous avons repris une sandwicherie, je manque donc de temps. Pour les matches à la télé, il faut payer, et par principe, je ne le veux pas, pour un match par mois, avec la pauvreté du spectacle en L1. L'an dernier, on m'a traîné à ASSE-OM. Je me suis ennuyé, ça m'a conforté dans mon idée. En revanche, je me suis régalé à regarder la Coupe du monde. Il y avait de l'allant, du jeu, de la variété de style. C'était superbe. Quand tu reviens à la L1 après, pff… A Sainté ou Marseille, il y a de l'ambiance, des gens qui viennent de Brest ou de Mont-de-Marsan. Je me demande ce qui les motive ! Je suis sidéré !"