Les mots verts de Maubleu

06/07/2026
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Brice Maubleu (36 ans) a accordé une longue interview au site Antichambre, auquel il a notamment dit son plaisir d’avoir porté le mythique maillot. Extraits :

"Saint-Etienne, c’était une très belle expérience, dans un club mythique avec des supporters incroyables, dans des stades pleins à chaque fois. Que ce soit à domicile ou à l’extérieur et avec des ambiances incroyables. Sportivement, c’est forcément beaucoup plus mitigé. Il y a un double regret. Ne pas s’être maintenu en Ligue 1 la première année déjà. Ensuite ne pas avoir réussi à monter l’an dernier. Il a manqué les résultats mais l’expérience reste bonne. Elle aurait été incroyable si j’avais pu vivre une montée avec Saint-Etienne. Vivre ces émotions-là oui, cela aurait été encore plus spécial. Des séries de tirs au but avec 10000 personnes derrière toi, tu n’en vis pas beaucoup dans ta carrière ! Le stade qui vibrait, qui avait un peu peur. Cela faisait partie un peu du show aussi. Mettre la pression un peu sur l’adversaire qui venait de voir rentrer un gardien juste pour la série de tirs au but…. quand tu pars du milieu de terrain avec devant toi 10 à 15000 personnes qui sont comme des fous et qui sont chauffés à blanc par le gardien, ça devient encore plus impressionnant et encore plus stressant. Il y a un aspect psychologique dans cet exercice, tout ça, cela impacte un tireur. Sur ma carrière je suis à peu près à 40% de pénaltys arrêtés, sur cette séance j’ai été dans ces standards-là. La seule différence pour moi ça a été de devoir tirer. Je n’ai pas voulu prendre trop de risques et du coup j’ai un peu raté mon ouverture du pied. C’était une séance de tirs au but riche en émotions et je suis content qu’on soit passé. Cela restera un moment spécial dans ma carrière même si on ne gagne rien au bout. Je pense que j’ai reçu plus de 1000 messages dans la soirée, donc ça a aussi marqué les gens.

Etre numéro 2 n’était pas forcément dur à assumer parce que je savais où j’allais dès le départ. Je suis arrivé à 34 ans dans un club de Ligue 1 comme Saint-Étienne, alors que je venais de Grenoble en Ligue 2. Et que cela faisait des années que je jouais en Ligue 2. Donc je savais que je n’y allais pas pour être titulaire. C’était très clair dès le départ. Avoir de la concurrence entre les gardiens ce n’est pas toujours bon. Là le gardien n°1 joue et le rôle du n°2 c’est d’essayer de le mettre dans les meilleures conditions pour qu’il soit performant. C’était clair que ce serait comme ça quand je suis arrivé. Moi je me tenais prêt pour jouer. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver en cas de blessure ou de carton. 

Bien sûr je suis content d’avoir pu jouer un tout petit peu cette année. J’avais à cœur de montrer ce que je valais à Saint-Etienne. Cela faisait un peu plus d’un an et demi que j’étais arrivé à Saint-Étienne et je n’avais pas encore fait un match de championnat. Gautier ne s’était jamais blessé. Et là arrive le match à Grenoble et il se blesse le week-end d’avant. C’était un sacré signe du destin. S’il y avait un match en Ligue 2 que j’aurais aimé faire, c’est vraiment ce match au stade des Alpes que j’aurais choisi. En terme de préparation en plus c’était l’idéal. Je connaissais parfaitement le stade, j’y avais déjà tous mes repères, je savais qu’il y allait avoir beaucoup de monde pour me soutenir aussi. On était sur cinq victoires, donc il fallait être performant. Je ne pouvais pas rêver mieux comme premier match et ça a été aussi des émotions incroyables de revenir dans le stade et de pouvoir jouer plutôt que d’être sur le banc. Jouer au stade des Alpes, dans un endroit que je connais vraiment par cœur, c’était beaucoup plus simple en fait. J’avais mes repères, je connaissais le moindre centimètre carré du stade. J’avais l’impression d’être dans mon jardin, d’être chez moi. Ce n’était que bénéfique pour un premier match. Je n’avais pas beaucoup d’appréhensions avant ce match.  

J’aurais bien aimé faire plus de matchs, faire des matchs en Ligue 1 où l’ambiance, la ferveur, les émotions c’est quand même autre chose. L’année en Ligue 1 où je joue en Coupe contre Marseille ça faisait un moment que je n’avais pas joué et c’était un contexte particulier puisqu’on venait de changer d’entraîneur à l’époque. L’OM était aussi très au-dessus de nous. Le tout réuni, je m’attendais donc à un match difficile.

Après plus globalement pendant les deux saisons j’ai pu me tenir prêt en allant jouer de temps en temps avec la réserve par exemple. C’est peut-être plus simple quand on a l’expérience des matchs de se remettre en route. On connait mieux notre corps, on sait comment aborder ces rendez-vous. Après il y a des choses comme la gestion de la profondeur qui sont forcément plus compliqués à appréhender et où il y a besoin de jouer même si on les voit un peu à l’entraînement. C’est pour ça je pense d’ailleurs qu’il y a beaucoup de clubs maintenant qui prennent des gardiens plus expérimentés pour faire 2e ou 3e. Parce qu’ils savent qu’ils peuvent être prêts tout de suite, plus facilement, en cas d’urgence.

Le fait d’avoir rejoué m’a aidé. Quand on reste deux ans sans jouer et qu’on arrive à 36 ans, les clubs se demandent si on est encore performant, si on est encore capable d’enchaîner les matchs. Là j’ai pu un peu jouer, j’ai fait trois clean sheets sur quatre matchs. J’ai fait quelques arrêts décisifs comme à Grenoble. Donc plutôt des bonnes prestations. Ca a aidé à faire sonner le téléphone pendant la trêve. Pau, le projet m’a séduit immédiatement. C’est un club qui évolue très bien depuis désormais quelques saisons en Ligue 2, avec un groupe de joueurs de qualité, et notamment certains que je connais très bien. Je ne connaissais pas la région mais c’est un point qui me donnait aussi envie. A titre personnel ce qu’ils m’ont proposé, un an + un an en cas de maintien, collait à ce que je souhaitais. On peut se projeter sur deux ans avec la famille. Et le fait aussi de possiblement pouvoir jouer a forcément pesé. Même si on ne m’a rien promis. J’arrive dans un club où Estéban Sallès a fait des bons matchs la saison dernière. Il faudra que je sois performant pour jouer. On a longtemps fonctionné ensemble à Grenoble, on sait tirer le meilleur l’un de l’autre. Notre objectif mais c’est l’objectif de tout le groupe, c’est d’aider l’équipe à faire mieux que l’an dernier. 

J’avais la possibilité de rester à l’AS Saint-Etienne mais sur un rôle de 3ème gardien, donc vraiment sur un poste où je n’aurais pas joué du tout, y compris en réserve. Si au bout d’un an le club décide de dire que pour le 3 ils prennent un jeune qui arrive de derrière, tu te retrouves à le retraite. Le hasard du calendrier fait que notre dernier match de la saison est à Saint-Etienne donc c’est celui que j’ai vu en premier. Je me suis déjà fait brancher un peu par les collègues de Sainté vu qu’on sait que ce dernier match pourrait être à enjeux, que ce soit une montée directe en Ligue 1 ou des barrages. Pour eux bien sûr mais j’espère aussi pour nous !"

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