Christophe Robert des Verts aux verres
Champion de France de D2 avec les Verts en 1999, l'ancien milieu de terrain Christophe Robert (50 ans) s'est longuement confié au Monde. Extraits.
"Je suis un déséquilibré total et un rêveur. Je préférerais gagner plus. Quand j’étais joueur, je travaillais deux heures par jour et je gagnais beaucoup de fric. Aujourd’hui, je travaille 70 heures par semaine et j’en gagne beaucoup moins. Je me suis un peu éparpillé ces dernières années. Je suis un créateur qui aime les pages blanches. Je vogue entre Bayonne, où j'ai monté en 2013 un magasin de baskets Sport 2000, et le centre de Périgueux, où je possède un bistro-cave avec mon cousin. Je vais arrêter le magasin. Le commerce ce n’est pas mon truc. Ma passion, c’est le vin. Dès les années 1991-1992, lorsque je jouais à Monaco, j’avais créé la Cour des vins à Périgueux. On a monté deux autres établissements à Saint-Emilion et une boîte de négoce. J’avais déjà tout prévu pour après ma carrière. J’avais même acheté un immeuble. Malheureusement, “l’affaire” VA-OM m’a fait tout décaniller. Il a fallu que je rebondisse autrement.
En 1997, j'ai rejoint à titre gracieux l’AS Saint-Etienne. J'ai participé à la remontée des Verts en première division avant de prendre ma retraite. Robert Nouzaret m'avait proposé de passer mes diplômes d’entraîneur et d’œuvrer au sein du centre de formation des Verts. J’aurais dû insister mais j’ai dit stop à cause de “l’affaire”. Elle m’a fait perdre confiance en moi. Je n’osais pas rester dans un milieu où j’avais eu un souci. Je voulais fuir la France, être tranquille, qu’on ne me reconnaisse plus. La reconversion a été compliquée. Quelque part, on n’existe plus. Financièrement, on prend une gifle. On n’est pas préparés psychologiquement. C’est un chantier dans le cerveau. On va voir des psys. On boit des canons. Dès fois, un peu trop. Le fait d’être dans le vin n’a rien arrangé…“L’affaire” me ronge encore même si les gens, dans la rue, sont sympas avec moi. Si je n’avais pas eu cette histoire, je serais beaucoup plus épanoui et coacherais peut-être Saint-Etienne aujourd’hui."