Loris ne roule pas sur l'or
05/07/2024

L'ancien latéral stéphanois Loris Néry (33 ans) a accepté d'ouvrir ses comptes pour Le Parisien. S'il n'est pas à plaindre, il ne roule pas sur l'or et gère son budget en bon père de famille. Extraits.
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A l'ASSE, j'ai signé un premier contrat « aspirant » à l’âge de 15 ans. Je touchais 450 € par mois, alors que j’étais au collège et que je vivais chez mes parents. Je n’ai jamais été un flambeur, mes parents m’ont appris la valeur de l’argent. Mon premier salaire, autour de 5 000 € brut par mois, était basé sur les minima imposés par la charte de la LFP. Dans le milieu, ce n’est pas énorme mais ça m’importait peu. Ce que je voulais surtout, c’est être pro.
A Valenciennes, mon temps de jeu a décollé, tout comme mon salaire, autour de 17 000 € brut par mois, à 21 ans. Quand le club a été relégué en L2, mon salaire a été abaissé à 11 000 €, avant d’être renégocié autour de 8 500 € brut. On a toujours le choix de refuser, mais à ce moment-là, j’avais peu d’autres opportunités. Une carrière, ça passe vite. On peut gagner de belles sommes mais c’est pendant 10, 15 ans, pas plus.
Ma femme Stéphanie m'a toujours épaulé dans ma carrière. On a trois enfants. On n'a pas de voiture de luxe, ni de vêtements de haute couture dans le dressing. Le seul truc de riches qu’on ait fait, c’est de voyager. Mexique, Île Maurice, Grèce, République dominicaine… Avec la petite famille, on s’est fait plaisir avec des destinations de rêve. En avril, on s'est envolé pour Dubaï, pour un budget de 6 000 €.
En début de carrière, mon gestionnaire de patrimoine m'a conseillé d’investir dans la pierre. Avec ma femme on a acheté 3 appartements neufs, mis en location à Saint-Étienne et en Bretagne. Malfaçons, loyers impayés : ces choix se sont révélés peu fructueux. Chaque mois, on rembourse 3 600 euros de crédits immobiliers, non compensés par les loyers. On y a sacrifié une partie de nos économies. Aujourd’hui, j’ai hâte de tout vendre. On n’a jamais eu un rythme de vie mirobolant, aussi du fait de ces investissements.
Je suis au chômage, indemnisé 5 300 € net par mois. Mon épouse a repris une activité professionnelle, dans une crèche, pour mettre du beurre dans les épinards. On est hébergé chez des proches, ça économise aussi un loyer. Notre plus gros poste de dépenses est celui des courses, 1 000 € pour une famille de 5.
Comme d'autres anciens pros, je suis en procédure judiciaire, soutenu par le syndicat des joueurs, avec mon dernier club, Grenoble, afin de toucher le « pécule », une sorte de prime de départ versée à la retraite, que j'espère de 130 000 €. On mise dessus pour acheter la maison de nos rêves dans notre région d’origine.
Je suis arbitre, c'est un débouché qu’on connaît peu, alors que c’est un métier qui offre de la responsabilité et de l’action. L’aspect financier a fini de me convaincre : un arbitre principal de L1 peut gagner entre 8 000 et 10 000 € brut par mois, selon les indemnités et primes de matchs. J'arbitre aujourd’hui au niveau régional.
Si tout va bien, un nouveau diplôme obtenu en juin me permettra d’arbitrer en N1 et N2. Tous les 6 mois, je serai noté et classé avec les arbitres de ma région dans le but de gravir les échelons. C’est un peu comme un championnat des arbitres, L’aspect compétitif est encore là, c’est intéressant. Si tout va bien, dans 2 ans je peux côtoyer la Ligue 2."

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