Nanard kiffe Chabane

26/10/2019
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Président du SCO, qui avait écrasé l'ASSE 4-1 il y a cinq semaines, Saïd Chabane est à l'honneur dans Le Monde daté de demain. Extraits.

"C'est le patron de Prestige de la Sarthe, une entreprise de charcuterie de gros. Le « roi de la rillette » - c’est le président sté­phanois, Bernard Caïazzo, qui l’appelle ainsi - est, pour ses pairs, une idole : depuis qu’il a racheté le club, en 2011, Angers est monté en Ligue 1, s’y maintient et a même atteint la finale de la Coupe de France, il y a deux ans. Surtout, le club noir et blanc s’en met chaque année plein les poches : son directeur sportif, Olivier Pickeu, sort de la Ligue 2 des joueurs que Stéphane Moulin, l’entraîneur, met en valeur. Saïd Chabane, qui tient la caisse, fait une belle vente chaque année. Huit ans que ça tourne, avec toujours le même coach : un record dans les cinq grands championnats européens.

Ce modèle fait des envieux : quelques gros budgets de Ligue 1 lorgnent Olivier Pickeu. Son départ en fin de saison serait, pour le club, une perte plus importante que celle d’un joueur majeur. Mais pour l’heure, tout va ; ou presque. Saïd Chabane se sent sur un fil. « La passion a des limites. Si elle prend le dessus sur l’économique, vous êtes mort. Aujourd’hui, vous ne mourez pas par le sportif, vous mourez par l’argent. »

L’autre président algérois de Ligue 1, Bernard Caïazzo, l’a pris sous son aile. Déjà vice­ président du syndicat des clubs de L1, il a été propulsé en 2017 au conseil d’administration de la LFP. « Il est la preuve qu’on peut réussir sans être issu de l’establishment, estime le coprésident de l’AS Saint­Etienne. C’est quelqu’un de méritant, un bosseur qui a des qualités humaines importantes et de simplicité. »

Les présidents de Ligue 2 lui ont longtemps reproché d’avoir retourné sa veste, à l’été 2015, au sujet de la réforme des montées descentes, qui favorisait les clubs de l’élite. A l’étage du dessous, Saïd Chabane était contre. Une fois l’ascenseur pris, il était pour. Le président d’Angers admet « une erreur d’inexpérience » et avoir subi l’influence des puissants de Ligue 1. Il dit : « Entre les clubs de notre espèce, l’esprit de corps n’existe pas. Il est fonction des inté­rêts du moment. »

 

Crédit photo : Lois Venance / AFP

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