7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Kasper est toujours vert ! (2)

Avant le Sainté-Metz de cet après-midi, le mensuel Le Foot Saint-Etienne a interviewé Henryk Kasperczak (68 ans), ancien entraîneur des deux clubs et actuel sélectionneur du Mali de Fousseni Diawara et Baky Sako. Extraits.

"André Laurent m'avait appelé en mars 1984 pour savoir si je voulais signer chez les Verts. J'étais à Metz depuis cinq ans et je pensais que cette expérience arrivait au bon moment pour moi, dans un club aussi prestigieux. Mais je n'avais pas prévu deux choses : la première, que l'ASSE allait descendre en D2 en fin de saison, la seconde que nous allions gagner la Coupe de France avec Metz ! Parce que j'avais donné ma parole, et parce que c'était Saint-Etienne, je suis quand même venu, et je ne l'ai jamais regrettté.

Nous avions réalisé une première saison correcte en D2 avant de monter l'année suivante et de faire un joli parcours en Coupe de France. J'avais succédé à Robert Philippe qui avait lui-même pris la place en cours de saison de Jean Djorkaeff. Nous avions de bons joueurs : Milla, Ribar, Daniel, Clavelloux, Castaneda, Oleksiak... Autant de joueurs qui aimaient le club et la région et qui se battaient pour les couleurs, ça n'existe plus beaucoup. 

Je ne suis pas resté à l'ASSE car les sponsors en ont décidé autrement. Lorsque je suis arrivé, personne ne se bousculait pour nous aider et il a fallu faire beaucoup de travail avec le président Laurent pour démarcher les partenaires et convaincre. Nous y sommes parvenus dès décembre avec notamment l'arrivée d'un sponsor, Cake Rocher. Mais lorsque le groupe Casino est revenu à notre demande, il a voulu imposer Robert Herbin et Pierre Garonnaire. J'avais d'autres projets, une autre politique sportive que Robby, et je suis parti à regret, mais c'est la vie. 

Depuis je suis resté domicilié à Saint-Etienne parce que je me suis tout de suite senti bien dans cette ville et dans cette région. Mes enfants avaient aussi cette volonté donc j'avais rachetée une vieille ferme qu'on a retapée et dans laquelle on est toujours. Mes origines polonaises, l'éducation que j'avais reçue se mariaient bien avec les valeurs de la ville et du club. Je vois tous les jours mon ami Georges Bereta et je vais souvent à l'Etrat et à Geoffroy-Guichard.

A Saint-Etienne, il n'y a pas de grands joueurs, mais des personnalités qui ont envie de faire des efforts ensemble, pour défendre le maillot et tout ce qu'il représente, donc ça donne une vraie équipe. Pour un club comme l'ASSE, c'est essentiel. C'est aussi ce que nous avions réussi à faire pour remonter. Aujourd'hui les supporters ont retrouvé leur fierté parce que le club leur ressemble de nouveau."