6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Un Ange passe sur France Culture (3)

Du 9 au 13 juin, entre 20h00 et 20h30, la radio France Culture diffusera dans "A voix nue" un long entretien de Dominique Rocheteau. L'Ange Vert revient longuement sur ses vertes années, comme l'atteste ce troisième extrait.

"Quand j’étais stagiaire à Saint-Etienne, je regardais surtout du côté de l’Ajax, l’équipe de Johan Cruyff à la fin des années 1960, début des années 1970. Je m’identifiais à tous ces joueurs, Cruyff, Johnny Rep… Robert Herbin, mon entraîneur, m’a aussi beaucoup apporté et conseillé, comme mon père également. Il fallait travailler encore plus, c’était la philosophie de Robert Herbin. Sur ce point, nous étions en avance par rapport aux autres équipes, nous travaillions dur. Je me souviens des séances de ski de fond dans la montagne, près de Saint-Etienne. Le travail était dur, c’était la rigueur, la discipline que le football français n’avait pas forcément à cette époque-là et qui lui manquait par rapport à d’autres nations.

L’amitié n’était pas un vain mot ici. Il existait beaucoup d’affinités entre les joueurs et c’est ainsi que l’on a obtenu des résultats. Nous étions pour la plupart formés au club, arrivés à l’âge de 16 ou 17 ans. Il y avait plusieurs générations, certains étaient arrivés avant. Au moment du grand Saint-Etienne des années 1975, j’étais le petit jeune. Ils avaient tous la même histoire, la même culture, ils se connaissaient bien, c’est aussi ce qui a fait la force de ce club. A l’époque, nous avions droit à deux joueurs étrangers. Ivan Curkovic et Osvaldo Piazza ont marqué ce club. Ils m’ont beaucoup apporté à tous les niveaux. Osvaldo, l’Argentin, était très volubile, sympathique, convivial. Curko, le Serbe, était plutôt froid. Ils sont restés mes amis et ont été des exemples pour moi.

Il n’existait pas de sentiment de supériorité ici, je n’ai jamais connu cela. Au contraire, c’était un sentiment d’humilité qui faisait toute la valeur de Saint-Etienne. Si nous avions un sentiment de supériorité, on nous l’aurait fait savoir très vite. Ce ne sont pas les valeurs d’ici, des gens, des supporters. A force de gagner des matches, de dominer le football français, d’être champions de France plusieurs années de suite, de briller en Coupe d’Europe, nous nous sentions non pas invincibles, mais nous savions presqu’à l’avance que nous allions gagner. Saint-Etienne, c’est une force tranquille."