Tabanou, parce qu'il le veut bien
Dans la dernière édition de France Football, l'entraîneur du TFC Alain Casanova nous rappelle qu'il avait déjà utilisé ponctuellement Franck Tabanou au poste de latéral gauche.
"J'avais même réfléchi à la possibilité de l'y installer durablement, mais pour cela il aurait fallu un gros travail. Or, à ce moment-là, il n'était pas forcément disposé à entreprendre cette mutation, il avait des objectifs à son poste offensif (...) Je trouve cette métarmophose plus simple dans un 3-5-2 avec la couverture d'un des centraux sur le côté. Le latéral pas encore aguerri est ainsi mieux protégé. Au-delà de ça, il faut une totale disponibilité, une totale envie de la part du joueur. C'est un vrai effort sur le plan de la réflexion. Autant il y a une part de spontanéité technique dans le bagage d'un joueur offensif, autant c'est une véritable réflexion tactique que de jouer en défense."
Franck Tabanou semble avoir intégré ces paramètres. "Je me sens de mieux en mieux à ce poste. Je me dis maintenant que je vais jouer là. Je le vis bien. À moi d’être hyper concentré. Parfois, j’ai tendance à être un peu trop facile sur mes relances. C’est peut-être dû à mon premier poste. Il va falloir que j’améliore ça" avait déclaré le nouveau latéral gauche des Verts avant le barrage de l'Europa League. "À mon nouveau poste, je sens que je monte en puissance de match en match" avait-il ajouté jeudi dernier après avoir arraché la qualif.
Comme l'avait fait avant lui un certain Gérard Janvion, Eric Di Méco fait partie des anciens ailiers reconvertis avec succès en latéral. L'ancien joueur de L'OM et actuel commentateur de BeIN Sports explique dans l'autoproclamée "bible du football" les efforts qu'il a dû accomplir pour s'imposer à ce nouveau poste.
"Il a fallu que je me prépare différemment sur le plan physique. Je n'avais pas de caisse, on m'appelait "poumons de chat." Offensivement, il y a davantage besoin d'accélération alors qu'il faut davantage de fond en défense. J'ai pris un plaisir aussi grand à écoeurer un attaquant adverse qu'à faire la misère à un défenseur quand j'étais ailier. Mais j'ai aussi ressenti plus d'humiliation à me faire mettre en boîte par un attaquant chaud bouillant qu'à être en échec face à un arrière. Si tu as du métier, tu peux toujours un peu te cacher en attaque. Mais derrière, quand le mec en face vient systématiquement te provoquer balle au pied, aucun moyen d ete planquer. Et là c'est très dur. La veille du match, quand j'étais attaquant, je pensais à ce que moi j'allais faire, je ne me souciais pas trop de mon opposant direct. Mais en tant que latéral, toute ma réflexion était axée sur l'ailier adverse, sa façon de dribbler, d'appeler la balle, de contrôler."