Le fair-play et la lucidité de Kombouaré

L'entraîneur nantais Antoine Kombouaré est revenu hier soir pour DAZN sur le nul des Canaris à Sainté et sur les difficultés de son équipe à produire du jeu.
"Force est de reconnaitre que ce but de Boakye, il est incroyable. Moi je suis en plus dans la trajectoire, je suis juste dans l’angle donc je vois le ballon partir, je dis « c’est impossible. » Eh plus Nico (Pallois) cache Antho (Lopes), il ne voit pas le ballon. Même s’il était sur la frappe, il ne peut pas l’arrêter. C’est parti tellement fort. C’est un but exceptionnel, magnifique ! Si c’est par nos vertus mentales que passera le maintien, encore plus que par le jeu ? Non. Ça doit passer par le jeu, toujours. Même si on l’a pris à la 85e minute, c’était mérité de prendre ce but. Je n’ai pas aimé cette fin de match. Sur ce dernier quart d’heure, on n’a fait que subir. Que reculer, que défendre. Anthony Lopes n’a eu aucun arrêt dans ce match.
On a récupéré les ballons assez bas en cette fin de match et on a été incapable de vouloir jouer, de repartir de derrière, de faire courir cette équipe de Saint-Etienne. On avait demandé de jouer sur la largeur, d’ouvrir le jeu à l’opposé parce qu’ils amenaient beaucoup de densité côté ballon. On n’a pas été capable de le faire. Peut-être que physiquement on n’était pas au mieux car c’était notre troisième match de la semaine, mais ce n’est pas une raison. Même si les Verts marquent sur un exploit, on mérite de prendre ce but. Ça nous apprendra pour la prochaine fois. Il fait être capable de jouer si on veut gagner des matches.
Ce qui s’est passé depuis le match aller, pourquoi on n’arrive moins à jouer ? Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que ce match-là nous a fait beaucoup de mal. On s’en est rendu compte bien après. On menait 2-0, on archi-dominait, c’est peut-être le meilleur match qu’on ait joué. Ça peut faire 4-0, 5-0 mais on se retrouve à encaisser 2 buts sur un corner et un penalty. Les conséquences de ce 2-2 sont lourdes, on souffre mentalement. Et puis dans l’équipe d’aujourd’hui, beaucoup de joueurs devaient être sur le départ.
L’été dernier, sur le 11 de départ, 5 joueurs étaient sur le point de partir. Ça fait quelques ans qu’ils sont là, ils veulent partir car jouer tous les ans le maintien, c’est compliqué. Lafont, Castelletto, Chirivella, Simon etc, ils avaient tous envie de partir mais ils sont restés, ils sont là. Ce n’est pas une excuse mais i faut faire le boulot, il faut faire le taf et dans le jeu ça se ressent. Quand ça va bien, on est capable de faire de belles choses. Mais dès qu’il y a des difficultés, c’est un peu plus compliqué…
Il y a aussi cette habitude à se dire que quoi qu’il arrive, en fin de saison on va s’en sortir. On est confiant dans ce qu’on est capable de faire, on a le sentiment d’être une bonne équipe, on est capable de le montrer par moment. On pense que ça va se solder par une réussite dans cette course au maintien. Il faut faire attention…On se fait trop confiance, on a le sentiment qu’on ronronne. On joue à se faire peur et j’ai appris avec l’expérience qu’à force de jouer avec le feu, à un moment donné tu te brûles.
La difficulté, c’est qu’on a beaucoup de joueurs d’expérience en plus. Mais aujourd’hui il faut réveiller ce groupe et montrer qu’on est capable de beaucoup mieux faire. On a fait des bons matches contre des gros comme Paris, Lille et Monaco mais ça ne suffit pas. Contre Saint-Etienne on doit faire beaucoup mieux. En termes de contenu, c’est trop peu ! On a aussi un souci, c’est que la concurrence est peu présente dans ce groupe. Je mets la pression aux dirigeants pour prendre des joueurs. Les priorités, c’est un défenseur central et un attaquant."