Une question de budget pour Bud
Joueur puis directeur sportif des Canaris, Robert Budzynski alias "Bud" revient aujourd'hui sur la rivalité ancestrale entre Nantes et Sainté dans les colonnes de Presse Océan. Extraits.
"Outre le fait que Saint-Etienne ait fini premier devant Nantes en divison 2 en 1963 et soit devenu champion de France de D1 l'année suivante, tout en nous privant du triplé en 1967, il existait une autre rivalité entre nous. Les deux clubs se sont lancés en même temps sur le chemin professionnel en s'appuyant sur la formation. Nantes et Saint-Etienne ont été les pionniers dans ce domaine. Cette rivalité a certainement été bénéfique. Saint-Etienne menait d'une courte tête mais on a eu de bons résultats contre eux quand même. Et tout n'a été que bonus pour l'équipe de France et le foot français. On a été imité, à l'image d'Auxerre, Monaco, Sochaux. A cette époque, on avait 60 à 70 % des meilleurs joueurs de leur génération à Nantes ou à Saint-Etienne. Cela a entraîné une rivalité sportive qui s'est enflammée avec les bons résultats.
Après notre deuxième titre en 1965-1966, on a été obligé de vendre des joueurs et la formation nous a permis de continuer à faire face. C'était la meilleure solution pour continuer à viser le titre et des résultats européens car la ville, les entreprises, le tissu économique de l'ouest n'étaient pas assez puissants. Saint-Etienne avait incontestablement plus de moyens. Roger Rocher a amené une construction financière autour de son équipe. L'ASSE a été ainsi le premier club à ouvrir l'ensemble du potentiel que pouvait exploiter un club. Des sociétés comme Manufrance ont investi sur les Verts. C'était la solution. Ils ont toujours eu une potentialité de base supérieure à la nôtre. Ils ont pu ainsi réussir sur la scène européenne. Si le FC Nantes avait pu garder tout le monde à un certain moment, en 1996, je crois qu'on aurait pu faire mieux qu'une demi-finale de Ligue des Champions contre la Juventus."