Osvaldo, 45 ans après
12/05/2021

45 ans après la finale de Coupe d'Europe des Clubs Champions à Glasgow, Osvaldo Piazza s'est confié à l'AFP, comme le rapporte le média argentin Infobae. Extraits.
"Grâce à Saint-Etienne, il y a eu changement de mentalité dans le football français. On misait sur les entraînements, 90% des joueurs de l'équipe étaient formés au club. Nous faisions les voyages en avion, nous avions les meilleurs vestiaires, les meilleures baignoires, les meilleurs massages ...
J'étais ravi de jouer pour Saint-Etienne, j'ai eu une opportunité dont j'avais toujours rêvé. Même si la ville n'était pas très jolie, l'équipe était importante à cause de ses titres précédents et c'était un club sérieux. Le championnat de France n'était pas un football d'équipe, l'individualisme régnait. À Saint-Étienne, cependant, il n'y avait pas de stars, c'était une équipe qui se battait, solidaire.
Jusqu'ici, en Europe, le football français appliquait la citation de Pierre de Coubertin, père des Jeux Olympiques modernes : "L'important, c'est de participer." Tout le monde voulait avoir les Français pour rivaux, ils étaient très faibles. Mais à Saint-Étienne il fallait concourir, l'important était le résultat.
Je n'étais pas rapide, je ne dribblais personne, mais quand je récupérais le ballon, je me projetais dans le camp adverse. Ils appelaient ça "les chevauchées d'Osvaldo". Je ne me suis jamais coupé les cheveux en France. Je pense que j'atteignais facilement le camp adverse parce que les adversaires me voyaient comme grand, ils m'évitaient, me heurter était comme entrer en collision avec une montagne.
Nous avions bien préparé la finale de Coupe d'Europe, nous avons combattu, nous avons livré tellement de duels pendant le match que je ne suis même pas allé recevoir la médaille de finaliste. Je ne l'ai jamais eue, je ne sais même pas qui l'a prise. Les joueurs du Bayern n'étaient pas supérieurs à nous mais ils avaient une force et une concentration qui les ont fait gagner.
On a descendu les Champs-Elysées après notre finale de Coupe d'Europe. Aujourd'hui, nous sommes étonnés de l'impact que cela a eu. Jusque-là, le rugby était le sport le plus suivi en France, ça a changé avec l'ASSE.
Luis Menotti m'a appelé plus tard pour participer à la Coupe du monde 1978 en Argentine. Ce fut une grande déception de na pas pourvoir la jouer car je voulais terminer ma carrière en disputant ce Mondial. Je n'ai pas eu de chance car ma femme a eu un très grave accident de voiture en France, avec notre deuxième fille nouveau-née à bord."
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