6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

L'Ange Vert, le moine

Vivant depuis plus de quatre ans cloîtré à l'hôtel du Golf de son ami Christian Masson, Dominique Rocheteau se confie aujourd'hui dans la Pravda. Extraits.

"Mes larmes après la qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue et après la qualification face à Karabükspor ? je me suis surpris. J'intériorise beaucoup mon stress. J'ai la faculté à relativiser et à vite éliminer. Je ne pleure pas comme ça. Je n'ai d'ailleurs jamais pleuré sur un terrain… Je suis passé à côté de mes grandes émotions étant jeune, car on rejouait de suite après. Avec l'âge, j'ai tendance à craquer. Je commence à sucrer les fraises, non ?

Ça me plaît tellement d'être revenu à Saint-Étienne, un club qui appartient à mon ADN, que je ne me consacre qu'à lui. Je suis devenu un moine. Ma tête est trop mangée par le football.La seule chose à laquelle je suis toujours resté attaché, c'est à la famille. Je m''interdit d'aller voir les joueurs dans le vestiaire en dehors des matches. Il leur appartient. C'est leur truc et il faut le protéger. Les éducateurs sont les hommes les plus importants du football. Je suis régulièrement sur le terrain. Je me sens bien avec eux.

J'ai trouvé ma place dans le foot. Peu importe  ce que l'on peut dire de moi. Parce que j'ai trop donné. Je sais que l'on me critique pour mon manque de caractère. 1) Je n'ai rien à prouver. 2) Ce n'est pas mon caractère de me mettre en avant. 3) La seule chose dont j'aie envie, c'est que le club réussisse. Depardieu m'a dit : “Continue d'être acteur. C'est génial et facile.” C'est un vrai métier qui demande un ego que je n'ai pas. 

Ce n'est pas l'Ange vert qui est revenu à Saint-Étienne mais Dominique Rocheteau. À quel poste ? Conseiller, vice-président du conseil de surveillance, membre du directoire et coordinateur sportif ? L'intitulé m'importe peu. Bien sûr, l'organigramme est important dans un club. Mais le plus important, ce sont les relations humaines et de se sentir bien. Autant j'étais très individualiste dans mon jeu au début de ma carrière, autant j'aime partager des émotions avec les autres aujourd'hui."