Kitambala revient sur sa verte saison

Ancien goleador stéphanois (il avait marqué un but en CFA contre la réserve de Monaco le 25 mars 2012), Lynel Kitambala (37 ans) est revenu la semaine dernière sur son unique saison verte (0 pion en 17 matches en pro) dans un entretien diffusé sur la chaîne YouTube Jasy Football Stories.)
"Mes rapports avec Christophe Galtier ? La chance c’est que j’ai joué avec son fils Jordan au centre de formation de l’AJA. Ma signature à l’ASSE s’est faite en dernière seconde. J’ai signé quelques heures avant la fin du mercato estival 2011. Quand je signe, Loïc Perrin qui est l’emblème du club se fait les croisés. Je vous laisse imaginer l’ambiance. Tout le monde est sous panique. Je me souviens que Max Gradel a signé en même temps que moi. Je signe mais l’atmosphère n’est pas bonne. Loïc Perrin s’est blessé, ce n’est pas bon, l’énergie n’est pas bonne. Avec le temps j’ai toujours dit aux gens : « les gars, quand vous signez dans un club, faites attention à l’énergie. »
Quand j’arrive à Sainté l’énergie n’est pas là. Il suffit de voir la photo que je prends avec Galtier. Quand tu vois la photo, tu sens un coach qui pose juste pour poser. Il n’est pas là parce qu’il est content, « j’ai recruté mon joueur ». Peut-être qu’il était dans d’autres émotions, dans un autre état. Moi j’ai revu la photo, ça ne donne pas l’impression d’un coach qui se dit « j’ai mon petit que j’ai voulu prendre, que j’ai eu au téléphone. Il est là, regardez, il est là ! » J’ai archi pas senti ça ! J’arrive donc dans un mental où je ne suis pas bien. Je ne suis pas bousillé, hein, mais je ne suis pas bien. Je ne suis pas au top et ça se ressent car il y a beaucoup de doutes sur le terrain.
Mais on voit que le petit se déchire sur le terrain, on voit que je me donne, on voit et on sent que je travaille. Je joue les matches dans une tactique où le coach me met seul en pointe. Sauf que mon gars, tu mets un mec d’1m78 en 9, seul en pointe… Je me sentais vraiment seul. Ça n’a pas marché mon gars ! Moi je suis un mec qui joue en 4-4-2 ou avec du soutien proche autour de moi. Je me sentais trop seul à Sainté. Je faisais des matches corrects mais je ne marquais pas. Et là t’es à Sainté mon gars, pas à Lorient donc c’est un cran au-dessus. La chance que j’ai eue, c’est qu’on ne m’a pas sifflé là-bas. On m’a toujours encouragé.
Le coach a décidé de changer de tactique, il a mis Aubame avec Sinama-Pongolle devant. Là Aubame a commencé à exploser. Après, moi j’ai toujours été quelqu’un de respectueux. Mon gars, tu veux jouer 9, pas de souci mais c’est Aubame qui marque donc tu fermes ta gueule et tu bosses. Et j’ai bossé, j’ai bossé, j’ai bossé, j’ai bossé jusqu’à un moment où y’a un petit jeune qui monte, Kévin Mayi, qui fait un super entraînement alors que je moi je faisais un sale entraînement. Galtier m’appelle dans son bureau vénère de ouf. Il me dit : « la prochaine fois qu’on fait un entraînement, qu’il y a un gamin qui vient du centre qui te lave, je te dégage définitivement. »
OK coach, ça n’arrivera plus, promis ! De ce jour-là je n’ai fait que travailler. J’allais à la salle après l’entraînement, je travaillais. J’étais devenu comme Cristiano Ronaldo. Aubame il travaillait déjà avant, c’est pour ça qu’il est aussi chaud ! Aubame, c’est beaucoup de travail. Lui il faisait juste de la presse, des sauts et des sprints. A l’entraînement j’étais adroit devant les buts comme jamais. Je marquais, je marquais, je marquais.
Jusqu’à un moment où j’ai eu de la reconnaissance de la part d’Alain Blachon, adjoint de Galtier à l’époque. Il m’a rendu hommage et ça m’a fait chaud au cœur. Avant un match où j’étais remplaçant, il a dit : «écoutez, on a un effectif qui est plein, qui est riche, il y a des joueurs qui jouent mais attention, dans les joueurs qui ne jouent pas il y en a un qui travaille et qui mérite de jouer tous les jours. Et je parle de Lynel ! Moi je vous le dis, c’est celui a le plus progressé, devant le but il est irréprochable ! Il ne fait que bosser comme un chien et il mérite de jouer titulaire ! »
Moi je me dis « putain, au moins il a de la reconnaissance, ça fait plaisir ». Quelques temps après – Aubame était parmi les meilleurs de Ligue 1, hein ! » - c’est là que Galtier fait un geste où j’ai toujours dit que j’aurai toujours du respect pour lui. Le mec, il décale Aubame côté droit contre Ajaccio pour me mettre devant avec Laurent Batlles en 10. Mais les gars, je n’ai pas beaucoup de temps de jeu, je n’ai pas beaucoup joué, je n’ai pas le rythme. A un moment je fais un retour défensif hyper motivé sur le côté gauche devant le banc de touche d’Ajaccio. Claquage mon gars ! Claquage ! C’est là que j’ai commencé à connaître les blessures. Claquage ! C’est arrivé vers le mois de mars, du coup saison terminée… Un gros pète. Saison terminée mon gars !
J’avais grave le seum. Arrivé à la fin de la saison, je me dis que je n’ai pas beaucoup joué. Je n’ai pas marqué. Sainté ne va jamais vouloir de moi ! Mes choix, au lieu d’utiliser la raison, j’ai utilisé le cœur, ça veut dire l’émotion. A ce moment-là en particulier j’étais dans l’émotion, dans la peur. Si je ne joue pas cette année, ma carrière elle est finie ! Il fallait absolument que je trouve une porte de sortie. J’ai pris comme agent David Wantier et je lui ai dit : « trouve-moi un truc ». Un club comme Bastia ou Evian-Thonon. Un club de bas de tableau de Ligue 1 où je peux m’épanouir. Il me fait comprendre qu’il va demander partout, il ne trouve pas.
De là j’ai la fameuse discussion avec Christophe Galtier. Il me dit que Der Zakarian me veut à Nantes. Galtier me dit : « J’ai dit à Der Zakarian que s’il veut t’utiliser seul en pointe, ce n’est pas la peine, ce n’est pas ton fort. » Coach, vous me dites que vous n’allez pas compter sur moi cette année, je ne comprends pas ce que vous dites à Der Zakarian. Dégagez-moi là-bas ! Laissez-moi partir là-bas, laissez quelqu’un d’autre m’utiliser ! Peut-être que je vois foirer mais peut-être que je vais réussir ! Peut-être que je vais revenir à Sainté encore plus fort en prêt. Il me dit : « J’ai un pote à moi, tu vas kiffer, il est à Auxerre. C’est Bernard Casoni. »
Je me dis : « j’ai fui Auxerre, ce n’est pas pour y retourner mon gars ! » Wantier me dit aussi qu’il n’y a qu’Auxerre pour avoir du temps de jeu. Moi je n’étais pas dans ce mindset. Revenir dans mon club formateur en Ligue 2 alors que je l’avais quitté en Ligue 1… Clairement, c’est un échec. Je suis quand même retourné à l’AJA et ça s’est plutôt bien passé avec Bernard Casoni. C’est l’époque où Paul-Georges Ntep a explosé. Il était venu habiter chez moi. Ça s’est super bien passé avec Paul-Georges Ntep. C’était top à la maison. A la fin de mon prêt à Auxerre, je sens que Saint-Etienne c’est mort. Ils ne veulent pas me récupérer.
Je demande à Wantier de me trouver une porte de sortie. A cette époque Birmingham était sur moi et a contacté mon grand reuf. Wantier l’a appris et il était grave vénère. Je pense qu’il flippait de ne pas avoir le contrôle de ça. Je lui ai dit : « mon gars, fais ton boulot, trouve des portes de sortie ! » Je lui dis : « ne va pas sen Premier League, par compte tu peux me trouver un truc en Championship ou en League One. Ne me dis pas que tu ne peux pas me trouver quelque chose, c’est impossible ! » Et lui à ce moment-là il me ramène Charleroi. Et là je me dis : « mais wesh ! Il est sérieux lui ? C’est un ouf ! Charleroi ? Je préfère encore jouer en Ligue 2 qu’en Belgique, wesh ! » J’ai envoyé Wantier au charbon, il n’a rien trouvé d’autre. Il me restait un an de contrat avec Saint-Etienne qui ne voulait plus de moi. J’ai signé à Charleroi."
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