Sa première en pro aurait pu être son jubilé

07/11/2021
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Formé à l'ASSE et sacré champion de France avec Nantes (en 1995) puis Monaco (en 2000, sous les ordres de Claude Puel), Christophe Pignol (52 ans) a vendu il y a un an le complexe de soccer qu'il gérait à Gémenos (Bouches-du-Rhône) et a dans le même temps cessé ses activités de consultant sur beiN Sport pour passer un diplôme universitaire de coaching en oncologie et cancérologie.

"Un choix lié à mon parcours et à ma maladie. Je ne suis pas un soignant ou un psychologue, je suis simplement un aidant pour faciliter la reconstruction, par le sport, des personnes touchées par le cancer. Étape par étape, via un accompagnement qui peur prendre différentes formes" explique dans Ouest-France l'ancien latéral stéphanois, qui avait dû mettre un terme à sa carrière de joueur au LOSC à cause d'une leucémie.

Comme il l'avait fait sur Poteaux Carrés il y a trois ans, le natif d'Aubagne revient sur ses vertes années dans le quotidien régional le plus diffusé de France. Extraits.

"Le joueur le plus fêtard que j'ai connu dans ma carrière ? Jean-Pierre François, un grand blond qui avait sorti un disque, dont le titre était « Je te survivrai », après sa carrière de footballeur. J’étais en formation l’ASSE et il arrivait d’un club suisse. Il a surtout joué en D3. Il ne pensait qu’à faire la fête, même en déplacement. Il n’était pas fait pour le foot [il n'aura joué que 6 matches en pro la belle saison 1987-1988, dont un seul en tant que titulaire, contre l'AS Cannes à GG, 1-0, but de Georgi Dimitrov, ndp2].

La saison de ma carrière où je me suis senti le plus fort, c'est du titre avec le FC Nantes. Il se dégageait du groupe une force collective incroyable. C’est quelque chose que je n’ai jamais plus rencontré dans ma carrière. Il y a des fois, j’avais le sentiment de sortir d’un match quand je jouais à la Beaujoire. J’étais spectateur de ce que faisaient mes collègues. Par exemple, contre Saint-Étienne alors qu’on menait 3-0 avec une facilité déconcertante, lors d’un corner pour nous, je me souviens avoir regardé ce qui se passait dans les tribunes. De voir ce que l’on apportait aux gens, ça dans une carrière, ça n’arrive pas souvent, voire jamais. Mais cette année-là, ça m’est arrivé plusieurs fois et c’est le pied.

Mon pire souvenir de match ? C’est un peu paradoxal, mais c’est mon premier match en pro le 29 août 1987. J’étais au centre de formation l’ASSE. Je n’avais pas encore 18 ans. La veille du départ de l’équipe pour aller jouer à Marseille, au Vélodrome, contre les Allofs, Papin, Giresse, Thierry Gros se blesse. Robert Herbin m’appelle. Je vouvoyais les joueurs pros de Saint-Etienne que je ne connaissais pas vraiment. Je pensais que j’allais être remplaçant mais je démarre. Il y avait ma famille et plein de potes au stade avec qui je jouais encore l’année d’avant en « cadets nationaux ». Je venais de quitter Aubagne et Mazargues.

Émotionnellement, c’était incroyable, j’entendais tout le monde qui m’appelait pendant l’échauffement, je n’étais pas dans mon match. À l’arrivée, ce premier match en pro aurait pu être mon jubilé, la fin de ma carrière… Ça allait trop vite pour moi. J’avais le sentiment de ne pas avoir le niveau. J’étais sorti à la mi-temps [l’OM a gagné 5-1 et menait 2-1 à la pause, ndp2]. C’était un cadeau empoisonné, même si je me suis dit que si Robert Herbin m’avait choisi c’est qu’il avait décelé des choses intéressantes chez moi."

L’entraîneur qui m'a le plus marqué ? Coco m’a tout appris, il m’a appris le foot, le jeu collectif, à réfléchir plus que ce que je le faisais. Il m’a appris plus que je n’imaginais. À Istres, Alain Laurier avait aussi des idées axées ballon, axées jeu. Je me souviens avoir pris pas mal de notes sur ce qu’il faisait comme jeux, comme entraînements. C’était un peu un intellectuel du foot. Il proposait beaucoup de jeux variés et d’exercices très recherchés. J’ai eu de la chance de tomber sur cet entraîneur, à ce moment de ma carrière. Je venais de prendre une claque parce que je n’avais pas signé à l’ASSE. Le jeu qu’il prônait me correspondait bien. D’ailleurs, au bout deux dans seulement, je suis parti au FC Nantes."

 

 

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