7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Pour Jo, c'est moins intense en France

L'autoproclamée "bible du football" publie aujourd'hui une interview de Josuha Guilavogui. Extraits.

"A Sainté, franchement, on a un bon rythme.  Mais à l'Atletico, ça n'a rien à voir. Lors des premiers entraînements en Espagne, j'étais en dedans mais j'ai su redresser la barre. On dit souvent qu'on joue comme on s'entraîne, mais en France, le plus important, c'est d'être frais le jour du match. A l'Atletico, on s'entraîne vraiment comme on joue. En France, par exemple, à deux jours du match, on va être dans la récupération, la gestion. A l'Atletico, au contraire, on met encore plus d'intensité à J-2. Cette différence dans les entraînements est flagrante, il n'y a pas photo.  Il y a énormément d'intensité à chaque entraînement, d'autant qu'à l'Atletico je suis tombé sur un coach qui met particulièrement l'accent là-dessus, car cela fait partie de la mentalité du foot sud-américain. J'ai choisi Simeone pour cela et je n'ai pas été déçu ! C'est un très grand coach qui m'a appris l'intensité, l'agressivité. Il ne lâche rien et sait tirer le meilleur de chacun, extraire ce que l'on a tout au fond de nous. Il demande beaucoup d'efforts à haute intensité pour qu'on puisse les reproduire en match durant 90 minutes.

Mes amis sont venus voir les entraînements, ils ont constaté une énorme différence. Même dans les petits jeux et les toros, il y a énormément d'engagement. Franchement, au début, j'ai été surpris, mais ça n'a pas duré. Je me suis mis au diapason. Je restais plus longtemps après l'entraînement pour me remettre en forme, je faisais des séances de courses supplémentaires. A Sainté aussi on a des préparations individuelles. On travaille bien avec le coach Galtier. Mais en Espagne, il y a beaucoup plus de monde dans le staff qu'en France ! Ici, tu as un préparateur physique pour 24 ou 25 joueurs. Là-bas, ils sont au moins deux, plus un qui s'occupe des blessés. Forcément, c'est plus facile pour eux d'établir un programme pour chaque joueur, ils ont plus le temps.

A l'Atletico, quand j'arrivais le matin, je voyais des gars comme Juanfran et Gabi qui étaient là depuis très tôt, à faire de la muscu. C'est qu'ils en ressentaient le besoin. En France, on n'aime pas trop la muscu. On a une autre approche, plus technique. En Espagne, ils en font avant l'entraînement, c'est systématique, alors que c'est plus à la carte en France. Chaque pays, chaque championnat a sa manière de faire. En Espagne, on pousse ses limites très loin, c'est moins le cas en France. Pousser les limites, ça permet de se dépasser en match. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne travaille pas ici. La notion de dépassement de soi est simplement plus forte en Espagne."